DIG / Dans un discours sobre mais empreint de conviction, Henri-Claude Oyima, ancien ministre d’État chargé de l’Économie, a officiellement passé, le 5 janvier 2026, la main à son successeur, Thierry Minko, lors d’une cérémonie de passation de service marquée par une forte charge symbolique.
Face aux autorités politiques et administratives, Oyima a tenu à rappeler que son action s’est inscrite dans une logique de transformation profonde, et non de gestion au jour le jour.
« Je suis conscient que certaines réformes ont bousculé certaines habitudes, certaines rentes, parfois des intérêts installés, mais c’est le propre de toute réforme sérieuse, surtout lorsqu’elle est orientée dans l’intérêt du plus grand nombre.
Nous avons choisi la rigueur utile, et non l’austérité aveugle », a-t-il affirmé, soulignant que chaque décision — parfois impopulaire — visait à restaurer les fondamentaux économiques du Gabon et à préparer le terrain pour une économie plus souveraine, plus productive et plus juste.
Il a, notamment, mis en avant les avancées obtenues en 2025 :
-Un cadrage macroéconomique fiabilisé ;
-Une discipline budgétaire renforcée ;
-Une mobilisation accrue des recettes domestiques ;
-Et un investissement public porté à près de 15 % du PIB, orienté vers l’énergie, l’eau, les routes et les équipements productifs.
« Je demeure au service de mon pays. »
Mais au-delà des chiffres, c’est un état d’esprit qu’Oyima a voulu léguer : celui de « parler vrai » — sur les contraintes budgétaires, le coût réel des politiques publiques, ou encore les limites des subventions mal ciblées.
« Gouverner, ce n’est pas éviter les résistances ; c’est décider malgré tout, lorsque l’intérêt général l’exige », a-t-il martelé.
En guise de conclusion, il a livré une parabole inspirée du terroir gabonais : celle d’un village qui, au lieu d’attendre qu’on lui construise un pont, décide de le bâtir lui-même.
« Un pays, c’est la même chose. Il ne se construit pas dans l’attente. Il se construit par la volonté, la discipline et l’amour de celles et ceux qui le portent », a-t-il lancé.
Son message est clair : les réformes engagées ne sont pas des événements, mais des trajectoires — dont le succès dépendra de la cohérence, de la poursuite et du courage politique de ses successeurs.
Et alors qu’il quitte la scène gouvernementale, Oyima réaffirme son engagement : « Je demeure au service de mon pays. »




