Parc animalier de Libreville : Pourquoi le public se désintéresse t-il déjà ?

DIG/ Ouvert au public dans une atmosphère de célébration nationale, le parc animalier de Libreville peine aujourd’hui à convaincre.

Pour comprendre la « faiblesse » actuelle du parc, il faut remonter à ses origines : cet espace était initialement un parc privé appartenant au président déchu, Ali Bongo Ondimba.

Conçu à l’époque comme une collection personnelle plutôt que comme un zoo national répondant aux standards internationaux, le parc n’a jamais été dimensionné pour accueillir des milliers de visiteurs ou présenter une diversité exhaustive de la faune africaine.

Ce péché originel explique en grande partie la rareté des espèces aujourd’hui observées par le public.

La désillusion du « tout public »

Le passage du privé au public ne s’est pas fait sans heurts. Si l’ouverture a été perçue comme un symbole de restitution de patrimoine, la réalité opérationnelle a vite rattrapé l’enthousiasme :

-Un inventaire limité : les visiteurs déplorent un nombre d’animaux trop restreint, vestige d’une gestion qui ne visait pas initialement l’éducation des masses.

-Le coût de la visite : à 2 000 FCFA l’entrée pour les adultes, le prix est perçu comme une barrière, surtout face à une « magie » qui s’étiole. Maintenir un tel tarif pour une collection héritée d’un usage privé sans investissements massifs de repeuplement semble aujourd’hui difficilement justifiable.

Le défi de la transformation

Le parc animalier de Libreville se trouve à la croisée des chemins.

Pour sortir de l’ombre du régime déchu et devenir un véritable atout touristique, il ne peut se contenter d’ouvrir des barrières autrefois fermées.

Sans une stratégie claire de développement, de nouveaux transferts d’espèces et une réadaptation des infrastructures au flux du public, ce domaine risque de rester le symbole d’une promesse inaboutie, là où les Librevillois espéraient une vitrine éclatante de leur biodiversité.

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La Redaction

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