DIG / Alors que des milliers de Gabonais continuent de fréquenter le Programme National pour la Promotion de l’Emploi (PNPE) dans l’espoir d’une insertion professionnelle, une question demeure sans réponse : Combien sont-ils exactement à chercher un emploi ?
Les dernières statistiques officielles remontent à 2018 ( 8 ans) : 61 834 demandeurs d’emploi recensés.
Depuis, plus aucun chiffre n’a été publié, malgré l’obligation légale faite au PNPE de « tenir à jour les bases de données des demandeurs d’emploi ».
Cette opacité persistante, dans un contexte de chômage endémique et de crise du coût de la vie, interroge fortement.
À l’heure où des pays publient mensuellement des données détaillées et fiables, le Gabon entretient un mutisme institutionnel qui nuit à la transparence, à l’évaluation des politiques publiques… et surtout à la confiance des citoyens.
Sans données actualisées, il est impossible de mesurer l’efficacité des programmes de formation, d’orientation ou d’accompagnement à l’emploi. Pire : on ne sait même pas combien de personnes sortent du PNPE avec un contrat de travail.
Dans un pays en quête de modernisation et de reddition des comptes, cette absence de statistiques n’est pas un détail technique — c’est un manquement démocratique. Car sans chiffres, il n’y a ni diagnostic, ni pilotage, ni progrès.
Le PNPE pourrait au moins offrir ce minimum : la vérité des chiffres. Car l’emploi n’est pas seulement une question économique — c’est d’abord une question de dignité.



