Programme « We Train For Gabon » en Australie : Les raisons et les conséquences du fiasco gabonais

DIG / Le programme d’excellence « We Train For Gabon », censé former l’élite minière nationale en Australie pour le projet de fer de Belinga, a tourné au désastre académique.

Selon les révélations de l’hebdomadaire Le Soleil, aucun des étudiants de la promotion envoyée en Australie n’a réussi à franchir les portes de l’université.

Le taux d’échec est total : sur une trentaine de candidats, dont les profils allaient pourtant du bachelier au titulaire d’un Master II, le verdict des institutions australiennes a été sans appel : zéro admis.

Les lacunes scientifiques au banc des accusés

Contrairement aux idées reçues, la barrière de la langue n’est pas la seule responsable de cette débâcle. Si l’anglais a posé problème, ce sont surtout les « graves lacunes dans les matières scientifiques et techniques » qui ont disqualifié les boursiers gabonais.

Les tests d’entrée ont révélé un niveau insuffisant en mathématiques, sciences physiques et chimie, exposant brutalement le décalage entre les diplômes obtenus au Gabon et les standards internationaux requis par l’industrie minière.

 L’illusion de la « Gabonisation » des cadres

Cet épisode remet en question la capacité du pays à appliquer sa politique de Contenu Local.

Alors que l’État exige que les postes stratégiques soient occupés par des nationaux, le rejet de ces étudiants prouve que le vivier local actuel ne répond pas aux critères d’excellence d’un projet de l’envergure de Belinga.

Faute de compétences validées, le risque est désormais grand de voir ces postes clés confisqués durablement par une expertise étrangère, reléguant l’école gabonaise au rang de spectatrice de son propre développement.

Un système à refonder

Pour les observateurs, cet échec collectif n’est pas celui des individus, mais celui d’un système éducatif « en baisse continue ».

Il sonne comme une alerte rouge : sans une mise à niveau urgente des filières scientifiques nationales, les partenariats internationaux de formation risquent de se heurter inlassablement à la réalité du terrain.

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La Redaction

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