DIG / Prise de court par des fuites persistantes sur l’échec d’une partie de ses boursiers, Ivindo Iron tente une opération de déminage risquée.
Plutôt que de démentir les informations sur les défaillances supposées de sa première cohorte, la compagnie minière opte pour la diversion en annonçant précipitamment une nouvelle vague de départs. Une stratégie de l’écran de fumée qui peine à masquer les premiers ratés du programme.
En effet, en publiant ce 21 janvier 2026 un bilan d’étape aux allures de satisfecit, l’entreprise ne fait que réagir à la pression médiatique. Cette « transparence » soudaine ressemble à s’y méprendre à un aveu a minima pour couper court à la polémique.
Un aveu d’échec minimisé ?
L’entreprise concède du bout des lèvres l’exclusion de deux candidats pour échec au test d’anglais (IELTS).
Mais cette confession soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.
Comment expliquer que sur une sélection dite « drastique » parmi des milliers de dossiers, des candidats n’aient pas le niveau linguistique requis après une formation dédiée en Afrique du Sud ?
Cela jette un doute sérieux sur la qualité du casting initial ou sur l’encadrement pédagogique fourni par le programme.
En focalisant l’attention sur ces deux cas « isolés », Ivindo Iron tente de banaliser ce qui s’apparente à un gaspillage de ressources et d’espoirs pour ces jeunes.
La politique du chiffre contre la réalité du terrain
Le plus troublant reste cette volonté d’accélérer la cadence alors que le modèle n’a pas encore fait ses preuves.
Annoncer l’arrivée d’une nouvelle cohorte dès février 2026 pour atteindre 50 bénéficiaires relève de la fuite en avant. C’est une réponse purement arithmétique à un problème qualitatif.
En brandissant le chiffre de 2 000 candidatures, Ivindo Iron instrumentalise t-elle la détresse de l’emploi des jeunes pour se donner une légitimité.
Mais l’engouement désespéré de la jeunesse gabonaise ne saurait servir de caution à un programme qui montre déjà des signes de faiblesse structurelle.
Au final, cette communication verrouillée réussit peut-être à noyer le poisson médiatique, mais elle ne dissipe pas l’inquiétude : Ivindo Iron privilégie-t-elle l’image et le « nombre » à la réussite réelle de l’élite qu’elle prétend former ?



