Redevance bancaire de 1000 FCFA: L’ AGUB saisit l’Assemblée nationale pour son annulation

DIG/ L’Association Gabonaise des Usagers des Banques (AGUB) ne décolère pas.

Dans une correspondance datée du 18 février 2026, l’organisation a saisi le président de l’Assemblée nationale du Gabon, Régis Onanga Ndiaye, pour demander la suppression de la redevance mensuelle de 1 000 FCFA prélevée automatiquement sur les comptes bancaires et de microfinance.

Une ponction jugée injustifiée et contraire aux textes communautaires.

Dans sa missive, l’AGUB explique que cette somme est débitée indépendamment de toute opération ou service rendu, simplement parce qu’un client détient un compte.

Pour l’association, ce prélèvement s’apparente de fait à des frais de tenue de compte déguisés, imposés à l’ensemble des usagers, y compris les plus modestes.

L’organisation s’appuie sur le règlement de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (Cobac), notamment le texte R-2020/04 relatif au service bancaire minimum garanti.

Ce cadre, applicable dans l’espace de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac), consacre la gratuité de certains services essentiels comme l’ouverture et la tenue de compte.

Une disposition que l’AGUB estime contredite par la redevance actuelle.

Un frein à la bancarisation

Au-delà du droit communautaire, l’association souligne les effets sociaux de la mesure. Selon elle, le prélèvement forfaitaire pénalise davantage les petits épargnants et les populations vulnérables, en grignotant des soldes déjà faibles.

Un mécanisme qui pourrait freiner la bancarisation et renforcer la méfiance envers les institutions financières.

De plus, l’AGUB invoque également la stratégie nationale d’inclusion financière 2026-2029 du gouvernement, dont l’objectif affiché est d’attirer davantage de citoyens vers le système bancaire formel.

À ses yeux, maintenir des charges automatiques sur les comptes va à rebours de cette ambition et compromet les efforts de mobilisation de l’épargne.

Par conséquent, l’AGUB appelle le Parlement à examiner en urgence la suppression de cette redevance, ou à défaut sa mise en conformité avec les règles communautaires.

Une requête qui relance le débat sur la transparence et l’équité des frais bancaires, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure des ménages gabonais.

apropos de l auteur

La Redaction

Laisser un commentaire