DIG / D’ici juin 2026, les 104 partis politiques gabonais devront avoir assaini leur gestion financière pour espérer survivre.
Le gouvernement, via le ministère de l’Intérieur, impose désormais des standards de gestion dignes d’entreprises structurées, sonnant le glas de l’amateurisme budgétaire.
Au cœur de la loi n°16/2025 rappelée aux responsables politiques, le volet économique constitue un véritable filtre de crédibilité.
Fini le temps où les finances d’un parti se confondaient avec le portefeuille de son président-fondateur. Désormais, la loi exige une traçabilité totale des flux financiers.
Compte bancaire et comptabilité : les nouveaux impératifs
Deux mesures phares risquent d’écrémer le paysage politique :
-L’obligation de bancarisation : Chaque formation doit impérativement disposer d’un compte bancaire ouvert au nom du parti. Cette mesure vise à sécuriser les fonds (cotisations, dons) et à garantir qu’ils sont bien gérés par l’entité morale et non par des individus.
-Une comptabilité régulière : La tenue d’une comptabilité formelle devient obligatoire. Les partis doivent être capables de justifier leurs entrées et sorties d’argent, imposant ainsi une transparence inédite dans un secteur souvent opaque.
Le coût de la légalité
Outre la gestion financière, la conformité économique passe aussi par l’existence matérielle. L’exigence d’un siège social physique implique des charges locatives ou immobilières que seules les structures viables pourront assumer.
En somme, cette mise en conformité est une épreuve de vérité économique : les « partis-mallettes » sans assise financière ni rigueur de gestion sont appelés à disparaître, laissant place à des organisations capables d’assumer leurs ambitions politiques avec transparence.


