Réseaux sociaux : La HAC peut-elle vraiment « débrancher » les VPN ?

DIG / Alors que l’accès aux réseaux sociaux est restreint depuis un mois, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Germain Ngoyo Moussavou, avait brandi, le 2 mars 2026 dans un entretien exclusif accordé au quotidien L’Union, une menace de taille : bloquer les VPN, ces « tunnels » numériques qui permettent aux Gabonais de contourner la censure.

Le jeu du chat et de la souris

Mais techniquement, est-ce une mission possible ou un simple effet d’annonce ? Bloquer un VPN n’est pas aussi simple que de couper un interrupteur. C’est un duel permanent entre deux forces :

– La méthode de la « Liste Noire » : Les autorités identifient les adresses IP des grands fournisseurs (comme NordVPN ou TurboVPN) et les bloquent.

-La parade : Les fournisseurs créent des milliers de nouvelles adresses chaque jour. C’est une course sans fin.

– La fermeture des portes : Les VPN passent par des « portes » virtuelles spécifiques. L’État peut décider de fermer ces portes.

-La parade : Les VPN modernes se déguisent en trafic web classique (le HTTPS que vous utilisez pour votre banque). Fermer ces portes reviendrait à couper tout internet, paralysant l’économie nationale.

L’arme ultime : l’Inspection Profonde (DPI)

Pour réussir un blocage efficace, le régulateur devrait utiliser l’Inspection Profonde des Paquets (DPI).

Cette technologie « ouvre » chaque message pour voir s’il s’agit d’un VPN. C’est une méthode radicale, mais elle coûte extrêmement cher et ralentit considérablement la connexion pour tout le pays.

Si la HAC parvenait à un blocage strict, les premières victimes seraient les entreprises, beaucoup d’entre-elles dépendant d’internet pour leurs transactions, leurs publicités ou leur logistique (comme les livraisons via WhatsApp).

L’exploit planétaire à venir du Gabon

A ce jour, aucune nation n’a réussi à bloquer les VPN à 100 % sans isoler totalement son pays du reste du monde (comme la Corée du Nord).

Si la HAC y parvenait, ce serait une première mondiale, comme l’a d’ailleurs rappelé avec un ton plein d’humour le 2e Vice-Président du CESE, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso. 

En somme, la HAC peut rendre l’usage des VPN plus difficile et instable, mais elle ne peut pas les éradiquer totalement sans infliger une « automutilation numérique » à l’économie gabonaise.

Pour chaque tunnel fermé, un nouveau chemin est généralement créé par les développeurs de ces technologies.

apropos de l auteur

La Redaction

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