Richesse naturelle : Pourquoi le Gabon peine toujours à décoller économiquement selon la banque mondiale

DIG / Selon les données  issues du rapport de la Banque mondiale (Changing Wealth of Nations), la richesse nationale globale du Gabon est évaluée à 105 milliards de dollars, soit l’équivalent vertigineux de 60 000 milliards de francs CFA.

Si ce chiffre colossale confirme le statut du Gabon comme l’un des pays potentiellement les plus riches de la sous-région, l’institution de Bretton Woods pointe du doigt un décalage inquiétant entre ce capital théorique et les conditions de vie réelles des populations.

Un capital naturel exceptionnel

Cette valorisation astronomique de près de 60 000 milliards de FCFA repose essentiellement sur le « capital naturel » exceptionnel du pays.

Le Gabon s’appuie sur :

-Ses vastes réserves en hydrocarbures et en ressources minières.

-Son couvert forestier couvrant 88 % de son territoire, jouant un rôle crucial dans la captation mondiale de carbone.

-Ses 800 kilomètres de façade maritime, offrant d’immenses opportunités pour « l’économie bleue ».

Le paradoxe gabonais : Richesse globale, mais déclin par habitant

C’est là que le bât blesse. La Banque mondiale souligne que malgré cette richesse globale impressionnante, le pays peine drastiquement à convertir ses ressources naturelles en actifs productifs (infrastructures solides) et en capital humain (éducation, santé, emplois).

Le rapport met en évidence plusieurs freins historiques :

-Un déficit de diversification : L’économie reste trop dépendante des cycles pétroliers, rendant la croissance très volatile.

-Le poids des dépenses de fonctionnement : Celles-ci absorbent une part trop importante des recettes de l’État, réduisant la part allouée aux investissements réels.

-Le résultat : Une baisse paradoxale de la « richesse réelle par habitant » observée sur les dernières décennies, couplée à un taux de pauvreté qui tarde à reculer.

Les leviers de transformation recommandés

Pour inverser cette tendance et s’assurer que ces 60 000 milliards de FCFA profitent réellement à l’économie locale, la Banque mondiale dresse une feuille de route claire pour les autorités gabonaises :

-Améliorer la gouvernance financière : Lutter efficacement contre la corruption et garantir que chaque franc investi dans les infrastructures (routes, hôpitaux, énergie) soit optimisé.

-Soutenir la transformation locale : Sortir du modèle de l’exportation brute en développant des industries de transformation sur place (bois, minerais, agroalimentaire) pour créer de la valeur ajoutée et des emplois.

-Monétiser le capital vert : Au-delà du pétrole, le Gabon doit réussir à obtenir des compensations financières mondiales justes et adéquates pour ses services de rétention de carbone (ses forêts).

En somme, ce rapport rappelle que le défi actuel du Gabon n’est plus de prouver qu’il est riche de sa nature, mais bien de transformer ce trésor environnemental et minier en une véritable prospérité économique et sociale pour chaque citoyen.

 

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La Redaction

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