DIG / Réuni lors du Conseil des ministres du 26 février 2026, le Chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema a justifié la suspension temporaire de l’accès à certains réseaux sociaux au Gabon, qualifiant cette décision d’« acte de souveraineté et de responsabilité ».
Selon l’exécutif, il s’agit avant tout de préserver l’ordre public, la cohésion nationale et la dignité des institutions face aux tensions observées dans l’espace numérique.
Le Président de la République estime que, depuis plusieurs mois, les plateformes en ligne sont devenues le terrain de campagnes de diffamation, de manipulations de l’opinion et de tentatives de déstabilisation politique.
Un climat jugé préoccupant, qui aurait révélé des failles dans l’anticipation et la coordination des services chargés de la riposte. D’où le recours à cette mesure exceptionnelle.
Présentée comme provisoire, la suspension se veut un signal d’autorité.
Le gouvernement assure qu’elle ne vise pas à restreindre les libertés fondamentales, mais à encadrer l’usage du numérique dans le respect de l’État de droit.
Droit de réserve
Reste que cette décision intervient dans un contexte où les réseaux sociaux constituent aussi des outils essentiels d’information, d’expression citoyenne et d’activité économique.
Car au-delà des enjeux sécuritaires, la mesure soulève des interrogations concrètes : impact sur les médias en ligne, les petites entreprises, les créateurs de contenus ou encore les jeunes fortement dépendants de ces plateformes pour communiquer et travailler.
Pour beaucoup, la coupure représente aussi un frein à l’accès à l’information et au débat public.
Entre impératif de stabilité et protection des libertés, l’équilibre demeure fragile.
Si l’État revendique un acte de souveraineté, une partie de l’opinion attend désormais des garanties claires sur la durée de la suspension et les solutions durables envisagées pour réguler l’espace numérique sans pénaliser les citoyens.



