Suspension des réseaux sociaux : Un mois après, qui peut bien s’en réjouir ?

DIG/ Depuis un mois, certains réseaux sociaux restent inaccessibles au Gabon, laissant utilisateurs et acteurs économiques dans l’incertitude.

Ce qui était présenté comme une mesure temporaire continue de s’imposer, tandis que les voies judiciaires et administratives se croisent sans apporter de solution claire.

La population et les entrepreneurs numériques se retrouvent ainsi face à une situation inédite, où l’accès à l’information et aux outils de travail est partiellement restreint.

Un conflit pour rien 

La Haute Autorité de la Communication (HAC) défend sa décision avec fermeté.

Son président Germain Ngoyo Moussavou souligne, pour sa part, que « certains réseaux sociaux sont seulement concernés » et que « l’internet continue de fonctionner normalement ».

Une affirmation qui peut être très vite balayée par n’importe quel utilisateur : La suspension de certains réseaux sociaux perturbent toute l’architecture numérique.

Et ni lui, ni personne ne peut s’en réjouir tant les effets sont immédiatement palpables.

Qui pour trancher ?

Après que la Cour constitutionnelle ait déclaré irrecevable, le 11 mars 2026, la requête introduite par 4 compatriotes tendant à l’annulation pour inconstitutionnalité, le litige oppose aujourd’hui l’institution au président du parti Ensemble pour le Gabon le Gabon, Alain-Claude Bilie-By-Nze.

Les avocats de l’institution soulignent que la décision est un acte administratif et que seul le juge administratif peut en connaître.

Cette situation soulève une interrogation majeure : un mois après, quelle instance est véritablement compétente pour trancher et, surtout, mettre fin à cette suspension qui impacte tant d’usagers ?

Tout le monde perdant

Au-delà de la dimension juridique, tout le monde semble perdant y compris les défenseurs les plus acharnés de cette mesure et les gouvernants dont les institutions et les organismes disparaissent progressivement de toutes les plate-formes numériques de communication.

Pionnier du numérique en Afrique centrale et disposant d’un des taux de pénétration les plus élevés sur le continent, le Gabon perd progressivement toute son attractivité en réduisant à néant son ambition de devenir l’un des hub numériques d’Afrique.

Conséquences

Car la suspension a des conséquences économiques et sociales concrètes.

Les entrepreneurs en ligne, créateurs de contenu et commerçants digitaux subissent un ralentissement de leurs activités, tandis que le flux d’information est limité, accentuant la frustration et le sentiment d’injustice parmi les citoyens.

Dans un contexte où le numérique représente un levier essentiel pour l’économie et l’expression publique, la prolongation de la mesure pose question.

Alors que ni dialogue ni calendrier officiel ne sont annoncés, la suspension des réseaux sociaux risque de s’installer dans la durée.

La question demeure : combien de temps cette situation exceptionnelle sera-t-elle tolérée et qui aura l’autorité réelle pour décider de sa levée ?

Entre enjeux juridiques, politiques et économiques, le Gabon se trouve face à un dilemme complexe où la régulation du numérique et la liberté d’expression sont étroitement liées.

 

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La Redaction

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