Suspension des taxes sur les produits de base : L’analyse critique de Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi

DIG /Alors que l’inflation continue d’éroder le budget des ménages, la question du pouvoir d’achat s’impose au cœur du débat économique national.

Entre mesures fiscales d’urgence et réformes structurelles, deux approches s’affrontent au Gabon : faire baisser les prix ou augmenter les revenus.

Dans cette optique, le gouvernement a choisi de suspendre temporairement les droits de douane et certaines taxes sur des produits de première nécessité, notamment le riz, la farine, le lait et les huiles.

L’objectif est de réduire immédiatement les prix à la consommation et d’alléger la pression sur le panier de la ménagère.

Mais cette stratégie, centrée sur la fiscalité, suscite des réserves.

Pour le député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, le diagnostic est mal posé depuis des décennies.

« Depuis 1985, il subsiste une grave erreur d’analyse concernant le pouvoir d’achat des ménages et le coût de la vie », affirme-t-il sur sa page Facebook, dénonçant « le blocage des prix et des salaires et les exonérations fiscalo-douanières » qui seraient « sans effet si ce n’est une aggravation de la situation des ménages ».

L’élu du peuple rappelle que les prix dépendent largement de facteurs extérieurs :

« Même si les produits importés étaient exonérés de toute taxe, l’inflation sur les marchés internationaux ne pourra jamais être contenue » et « les prix du lait, de la farine ou du riz dépendent de la conjoncture internationale, des facteurs exogènes sur lesquels nous n’avons aucune prise ».

Il critique également la portée générale de ces dispositifs : « On adopte des mesures coûteuses pour l’État qui profitent de manière égale à toutes les couches de la société ».

Il plaide ainsi plutôt pour « des allocations spécifiques et directes pour les plus démunis » et pour « des salaires qui évoluent au rythme de l’inflation ».

Derrière cette divergence se dessinent deux visions économiques : l’une privilégie un soulagement immédiat par la baisse des taxes, l’autre une action durable sur les revenus.

Pour les décideurs, l’équation reste entière, contenir les prix à court terme ou renforcer structurellement le pouvoir d’achat des ménages.

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La Redaction

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