DIG / Réunis le 21 mars 2026 face au ministre de la Communication Germain Biahodjow (et 3 autres de ses collègues) venus défendre la suspension prolongée des réseaux sociaux et le futur cadre juridique numérique gabonais, les représentants du corps diplomatique n’ont pas caché leurs inquiétudes.
Si l’ambassadeur du Maroc, Son excellence Abdellah Sbihi, vice-doyen du corps diplomatique, a salué la « transparence » des autorités de transition, cette reconnaissance sonnait davantage comme un préalable diplomatique que comme une approbation.
Les partenaires internationaux du Gabon ont aussitôt rappelé une exigence non négociable : toute réforme numérique doit rester conforme aux engagements internationaux, notamment ceux consacrés par la Convention de Vienne. Un rappel à l’ordre poli, mais sans ambiguïté.
Restrictions préjudiciables
Plus significatif encore, les diplomates ont pointé les effets concrets de ces restrictions sur l’exercice même de leur mission.
En coupant l’accès aux réseaux sociaux, le gouvernement gabonais entrave non seulement la communication citoyenne, mais aussi le travail quotidien des représentations étrangères, pour lesquelles ces outils sont devenus indispensables.
Une ingérence indirecte dans l’activité diplomatique que la Convention de Vienne est précisément censée protéger.
La question qui demeure est celle de la proportionnalité.
Plus d’un mois de suspension, un cadre juridique en construction, des assurances verbales face à une communauté internationale qui observe le gouvernement gabonais marché sur une ligne de crête.
Entre volonté de contrôle et obligations internationales, le dispositif annoncé devra apporter des garanties concrètes au risque d’alimenter durablement les doutes.


