DIG/ L’Association Gabonaise des Usagers des Banques (AGUB) a exprimé, le 27 janvier 2026 à travers un communiqué de presse, sa vive préoccupation face au niveau élevé des taux d’intérêt appliqués aux crédits bancaires au Gabon, qui constitue aujourd’hui un frein majeur à l’accès au financement pour les ménages et les petites et moyennes entreprises.
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Un coût réel du crédit excessif
Selon l’AGUB,, les données disponibles indiquent que le Taux Effectif Global (TEG) des crédits bancaires pratiqués au Gabon figure parmi les plus élevés de la zone CEMAC.
Ce taux, qui intègre non seulement le taux d’intérêt nominal mais également l’ensemble des frais annexes (frais de dossier, commissions, assurances, garanties, TVA et CSS sur les intérêts), renchérit considérablement le coût final supporté par l’emprunteur.
Cette situation limite la capacité des usagers à honorer leurs engagements financiers et fragilise durablement leur situation économique.
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Une pénalisation accrue des PME
Les petites et moyennes entreprises, pourtant moteurs de la croissance et de l’emploi, sont les plus exposées à ces taux élevés. Le niveau actuel des taux d’intérêt compromet la rentabilité de nombreux projets d’investissement, réduit l’accès au crédit productif et freine la création de richesses.
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Un écart important entre taux nominal et coût total
L’Association constate un écart significatif entre les taux d’intérêt affichés et le coût réel du crédit, traduisant un poids excessif des frais et commissions dans la structure tarifaire des prêts. Cette situation nuit à la lisibilité des offres bancaires et à la transparence attendue dans la relation entre les banques et leurs clients.
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Un impact négatif sur l’économie nationale
Des taux d’intérêt durablement élevés entraînent une baisse de la demande de crédit, tant pour la consommation que pour l’investissement, ce qui ralentit l’activité économique globale. À moyen et long terme, cette situation ne favorise ni la croissance, ni la stabilité du secteur bancaire.
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L’inexistence effective des taux d’usure
L’AGUB observe également l’inexistence ou à tous le moins la non-application effective de taux d’usure permettant de plafonner les intérêts et protéger les consommateurs. Cette lacune laisse une large marge aux établissements bancaires et de Microfinances dans la fixation des taux et des frais, exposant les usagers à des coûts excessifs et parfois insoutenables.
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Un marché bancaire peu concurrentiel
Le manque de concurrence entre établissements bancaires contribue au maintien de taux élevés. L’AGUB recommande de favoriser l’accès de nouveaux acteurs sur le marché bancaire gabonais, afin de stimuler la compétition, inciter à la baisse des taux et améliorer l’offre de crédit pour les ménages et les PME.
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Nécessité d’une action concertée
Au regard de ces constats, l’Association Gabonaise des Usagers des Banques appelle :
- à une révision à la baisse des taux d’intérêt applicables aux crédits,
- à une fixation par le Comité Ministériel de l’UMAC, de taux d’usure protecteurs pour les emprunteurs ;
- à une réduction des frais annexes entrant dans le calcul du TEG,
- à un renforcement de la transparence dans la présentation des conditions de crédit,
- à l’augmentation de la quotité cessible par tranche de salaire pour accroitre la capacité d’emprunt des ménages ;
- et à la mise en place de mécanismes de partage du risque, afin de permettre aux banques de financer l’économie réelle à des conditions plus soutenables.
- L’amélioration du climat des affaires.
L’AGUB demeure convaincue qu’un crédit bancaire plus accessible, plus équitable et mieux encadré constitue un levier essentiel pour le développement économique et social du Gabon.
Fait à Libreville,
Pour l’Association Gabonaise des Usagers des Banques
Le Président
Gildas NDZENGUE MBOMBA


