Par Edgard MFOUBA
Entrepreneur, Fondateur et Administrateur du cabinet GABAO Stratégie & Conseil,
Membre fondateur du Think Tank UP GABON
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Echec programmé à la CAN, symptôme d’une crise plus profonde du mental collectif, marquée par l’affaiblissement de la culture de l’effort, de la discipline et de l’exigence.
« Les défaites répétées du Gabon à la Coupe d’Afrique des Nations ne relèvent ni d’un accident sportif ni de fautes individuelles.
Ce n’est ni la faute des joueurs ni celle de l’entraîneur. Elles révèlent un mal plus profond et plus ancien : la défaite progressive du mental collectif.
Ce que nous avons vu sur le terrain est le reflet fidèle de ce que la société gabonaise produit ailleurs.
Les faibles performances des universitaires gabonais au CAMES, l’absentéisme persistant dans certains services de la fonction publique, la tolérance à la médiocrité dans des secteurs clés relèvent d’une même réalité : l’affaiblissement de la culture de l’effort, de la discipline et de l’exigence.
Depuis trop longtemps, l’effort n’est plus une valeur centrale. La rigueur n’est ni attendue ni récompensée. L’échec est excusé, rarement interrogé. La société ne rappelle plus à l’ordre ; elle s’accommode.
Une partie du pays vit avec la cuillère dans la bouche, prise en charge, habillée, logée, nourrie, souvent par d’autres, venus d’ailleurs, pendant que ce qui est produit à l’extérieur est magnifié et que l’on doute de soi. Ce schéma nourrit l’absence de confiance collective, la négligence, la baisse de l’effort et, inévitablement, le désapprentissage.
Au cœur de cette crise se trouve un angle mort majeur des politiques publiques : la famille. Socle de toute société solide, elle n’est plus pensée comme le premier lieu de formation du caractère.
L’autorité parentale s’est affaiblie, la transmission du sens de l’effort et de la règle s’est diluée, souvent transférée à l’école ou à l’Etat. Or aucun Etat ne peut durablement se substituer à la famille sans produire de la dépendance plutôt que de la responsabilité.
Cette question du mental collectif reste pourtant largement absente du débat public. Elle est jugée impopulaire, inconfortable, difficile à quantifier. Mais aucune réforme économique, administrative ou sportive ne peut réussir durablement sans une réforme du mental.
Aucune ambition nationale ne tient sans exigence morale minimale. Le prochain gouvernement devra assumer cette réalité et prendre ses responsabilités. La reconquête du mental doit devenir un axe majeur de l’action publique, porté clairement, sans ambiguïté.
Cela commence par des actes simples mais forts : rétablir des normes claires, lutter réellement contre l’absentéisme, valoriser publiquement l’effort et l’excellence, réaffirmer la responsabilité des familles dans l’éducation, et aligner partout — à l’école, dans le sport, dans l’administration — une même exigence de discipline et de mérite. Ces décisions ne demandent pas des moyens extraordinaires, mais du courage politique et de la constance.
La défaite du Gabon n’est pas une fatalité. Elle est le produit d’un relâchement collectif accepté trop longtemps. Le jour où le pays décidera de réarmer les esprits, en commençant par la famille et en assumant l’exigence, les victoires redeviendront possibles, sur les terrains, dans les amphithéâtres et dans l’économie.
D’ores et déjà, bonne et heureuse année 2026″.
Edgard MFOUBA Citoyen engagé et progressiste



