DIG / Le premier Recueil des décisions et avis des juridictions financières, publié par la Cour des comptes, exhume 61 noms liés à près de trois décennies de contentieux financier public (1994-2022).
Parmi les personnalités mises en avant par la juridiction figure Alfred Nguia Banda, actuel ambassadeur, haut représentant du Gabon en France et représentant permanent auprès de l’OIF, poste qu’il occupe depuis sa nomination en Conseil des ministres le 23 octobre 2025.
Selon le recueil, c’est en sa qualité d’ancien directeur général de la Marine marchande qu’il a été mis en cause : un arrêt du 28 octobre 2009 l’a déclaré débiteur de l’État à hauteur de 25 millions de FCFA, assorti d’une amende de 2 millions pour gestion de fait.
Une trajectoire à contre-courant
Comparé aux montants attribués à d’autres personnalités du même recueil, 114 milliards pour l’ancien Trésorier-payeur général Eugène Capito, plus de 3 milliards pour l’ex-ministre des Finances Émile Doumba, le dossier Nguia Banda reste d’une ampleur limitée, mais il s’agit d’une décision définitive de la juridiction financière.
L’itinéraire de l’intéressé tranche avec celui des autres figures citées : considéré comme l’un des opposants les plus virulents au régime d’Ali Bongo, il a vécu plus d’une décennie en exil en France avant que les autorités gabonaises ne le rappellent, en présentant cette nomination comme un geste de réconciliation avec la diaspora.
Il a officiellement pris ses fonctions à Paris le 25 mars dernier.
Le seul cas de continuité active identifiable
C’est là que se trouve la singularité du dossier : parmi les personnalités mises en avant par la Cour, Alfred Nguia Banda semble être la seule encore en fonction active au sein de l’appareil d’État aujourd’hui.
Ce que le recueil ne dit pas
Une mise en débet ne vaut pas confirmation d’une dette actuelle : elle peut avoir été exécutée, contestée, remise ou absorbée par une procédure ultérieure.
Rien dans le document ne permet de savoir si Alfred Nguia Banda s’est acquitté des 27 millions de FCFA prononcés en 2009, ni si ce dossier a eu une incidence sur sa nomination diplomatique seize ans plus tard.
Seul un état d’exécution nominatif, que la Cour des comptes ou le parquet général n’ont pas encore rendu public, permettrait de trancher.


