DIG / L’audit de la dette publique ramène officiellement les engagements financiers de l’État à 9 524,6 milliards de FCFA au 31 décembre 2025, contre près de… 11 700 milliards initialement estimés.
Ce qui correspond à une baisse spectaculaire de près de 2 175 milliards de FCFA démontant les effors de Libreville dans la gestion saine de sa dette.
Pourtant, ces nouvelles données apparaissent en totale contradiction avec le dernier rapport de la Direction générale de la Dette (DGD).
En effet, d’après le dernier bulletin statistique de la DGD , à fin décembre 2025, l’encours de la dette publique du Gabon se chiffrait officiellement à…8 780,337 milliards de FCFA dont 4 127,620 milliards de FCFA de dette extérieure et 4 652,718 milliards de FCFA de dette intérieure.
Ce qui suppose, après le rapport d’audit, une hausse du niveau de la dette de… 744 milliards de francs plutôt qu’une baisse annoncés de 2175 milliards de francs.
Ratio
Par ailleurs, avec un PIB nominal réévalué à 13 822 milliards de FCFA, le ratio d’endettement ressort désormais à 68,91 %, sous le plafond communautaire de 70 % de la CEMAC, contre près de… 80 % dans les premières estimations officielles.
Un nouveau chiffre à faire reconnaître
A la lumière de cette confusion de chiffres, une question s’impose d’elle-même : Libreville joue t-il avec les chiffres pour s’assurer un retour positif du Fonds monétaire international ?
Le rapport d’audit, établi, dit-on, selon des références statistiques du FMI, a été transmis au Fonds dans le cadre des discussions sur un éventuel nouveau programme financier.
Le FMI garde la main sur ses propres calculs
Le véritable enjeu est désormais la reprise de ces données par le FMI.
L’institution peut examiner le périmètre retenu, les passifs écartés et la nouvelle estimation du PIB avant d’établir ses propres analyses de viabilité de la dette.
Le ratio de 68,91 % constitue donc à ce stade la référence officielle du Gabon, mais pas nécessairement celle qui sera retenue par ses partenaires financiers.
Pour Libreville, l’enjeu dépasse le passage sous la barre des 70 %.
La crédibilité de la nouvelle trajectoire dépendra surtout de la transparence sur les 9 524,6 milliards de FCFA de dette et de la capacité à éviter la reconstitution de nouveaux arriérés.



