DIG / Face à l’importance du secteur alimentaire informel, qui approvisionne une large partie de la population gabonaise, la capacité de contrôle de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) suscite des interrogations.
Si l’institution dispose d’outils techniques performants et de pouvoirs de contrôle, elle ne peut matériellement surveiller l’ensemble des producteurs artisanaux répartis sur le territoire.
Pour relever ce défi, elle mise désormais sur une approche préventive : l’agrément sanitaire obligatoire avant toute commercialisation.
Des outils techniques solides mais une logistique sous tension
Des boissons artisanales conditionnées dans des bouteilles recyclées aux produits carnés vendus sur les marchés, les aliments issus du secteur informel occupent une place importante dans la consommation quotidienne.
Afin de limiter les risques sanitaires, l’AGASA s’appuie sur un laboratoire d’analyses, des brigades d’inspection assermentées et un arsenal réglementaire lui permettant de saisir des produits non conformes ou de fermer des établissements présentant un danger pour la santé publique.
Toutefois, le nombre élevé de producteurs et l’étendue du territoire rendent impossible un contrôle permanent de chaque activité.
Le choix de l’agrément obligatoire
Pour renforcer la sécurité alimentaire, l’Agence, dirigée par le Dr Jean Delors Biyogue Bi Ntoungou, privilégie désormais la responsabilisation des opérateurs.
Elle a suspendu la commercialisation des produits artisanaux ne répondant pas aux exigences de traçabilité et engagé près de 1 800 acteurs du secteur dans une démarche de mise aux normes.
L’obtention d’un agrément sanitaire, fondée sur le respect de bonnes pratiques d’hygiène, devient ainsi la condition préalable à la mise sur le marché.
Cette stratégie marque une évolution du contrôle sanitaire : plutôt que de multiplier les inspections, l’AGASA cherche à instaurer une culture durable de la conformité au sein du secteur artisanal.



