Booué, Kobé-Kobé, Bélinga : Le Gabon construit-il une vision ou empile-t-il des ambitions ?

DIG / La lettre d’engagement signée le 19 juin 2026 au Cap entre l’État gabonais, l’IFC, Gabon Power Company et EDF Power Solutions ne se résume pas à un accord énergétique.

Elle révèle une architecture industrielle en construction, dont la cohérence reste à démontrer.

Avec 400 MW annoncés, Booué est explicitement positionné comme infrastructure d’alimentation du projet minier de Bélinga, de soutien aux industries de transformation et de desserte du futur port en eau profonde de Kobé-Kobé. Trois destinations, trois temporalités, trois logiques d’investissement distinctes.

Le risque de la dépendance croisée

La viabilité financière de Booué repose en partie sur des projets qui ne sont pas encore opérationnels. Bélinga attend toujours un opérateur minier confirmé.

Kobé-Kobé demeure un chantier sans calendrier publié.

Booué serait donc le premier maillon d’une chaîne dont les suivants restent incertains et quand les projets avals ne se réalisent pas, l’ouvrage producteur supporte seul le coût de la surcapacité.

Une vision sans chef d’orchestre visible

Ce qui manque, c’est un document public articulant l’ensemble : Booué, Bélinga et Kobé-Kobé forment-ils un programme cohérent piloté par une même instance, avec des jalons synchronisés ?

Ou s’agit-il de projets parallèles dont la convergence est présentée comme acquise sans être organisée ?

La présence d’EDF Power Solutions rodée au barrage de Nachtigal au Cameroun apporte une crédibilité technique, mais Nachtigal a lui-même connu des décalages significatifs entre signature et mise en service.

Le Gabon mise sur l’hydroélectrique comme levier de diversification économique. C’est une vision lisible.

Ce qui reste à construire, c’est la démonstration que ces trois piliers avancent au même rythme et que Booué ne deviendra pas un ouvrage en attente de l’écosystème industriel qu’il était censé alimenter.

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La Redaction

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