DIG / L’Agence Nationale des Bourses du Gabon (ANBG) a annoncé officiellement la fin de l’octroi de nouvelles bourses d’études vers la France pour l’année en cours.
Une décision qui ne relève pas d’un simple ajustement budgétaire — elle marque une rupture stratégique dans la politique d’accompagnement des étudiants gabonais à l’étranger.
L’élément déclencheur : la France revoit ses exigences financières à la hausse
La mesure découle directement d’une décision des autorités françaises : le montant minimum mensuel requis pour l’obtention d’un visa étudiant est passé de 615 (environ 403 414 FCFA) à 877,50 euros (soit environ 575 602 FCFA).
Avec plus de 1 100 étudiants gabonais déjà boursiers dans l’Hexagone, cette revalorisation représente un alourdissement budgétaire mécanique et immédiat pour l’État.
La directrice générale de l’ANBG, Paule Élisabeth Désirée Mboumba, a été sans détour : « L’état de nos finances ne permettra pas de prendre en charge tous les étudiants boursiers. Il va falloir faire des choix. »
Des choix assumés : sélectivité et diversification
Pour les nouveaux bacheliers, la destination France est gelée cette année. Pour les étudiants déjà installés, un filtrage rigoureux s’applique : seules les filières à forte valeur ajoutée sont maintenues — médecine, cycles ingénieurs et doctorats.
En parallèle, l’ANBG réoriente sa politique vers des partenariats régionaux jugés plus soutenables : le Sénégal et le Ghana s’imposent comme nouvelles destinations privilégiées, dans une logique de coopération Sud-Sud moins onéreuse pour les finances publiques.
Ce que ce virage dit de la maturité budgétaire gabonaise
Ce n’est pas la fin de l’investissement de l’État dans la formation supérieure — c’est la fin de l’automatisme du départ vers l’Europe.
Dans un contexte où la LFR 2026 révèle des finances publiques sous tension, continuer à financer massivement des études en France au prix actuel aurait été intenable.
Le vrai enjeu désormais est de s’assurer que les alternatives africaines offrent une qualité de formation suffisante pour que ce rééquilibrage ne se fasse pas au détriment de la jeunesse gabonaise.



