Caravane touristique du Gabon : Jusqu’à… 1 million de FCFA pour un séjour de 3 nuits en couple !

DIG / Promouvoir le tourisme local est une excellente initiative, le rendre inaccessible à la population qu’il est censé séduire en est une autre.

La troisième édition de la Caravane touristique du Gabon, prévue du 17 juillet au 6 septembre 2026, fait déjà parler d’elle — mais pas pour la beauté de ses circuits : ce sont ses tarifs qui provoquent la colère et l’incompréhension.

 Une ambition gouvernementale légitime

Sur le papier, l’initiative est cohérente. Dans le cadre de sa stratégie de diversification économique post-pétrole, le gouvernement gabonais a fait du tourisme un axe prioritaire.

La Caravane poursuit plusieurs objectifs structurants : injecter de l’argent directement dans les provinces en stimulant l’hôtellerie, la restauration et l’artisanat local ; inciter les Gabonais à découvrir le patrimoine culturel et la biodiversité de leur propre pays ; tester la viabilité des routes et la qualité des sites touristiques selon une approche par hubs régionaux ; et créer des emplois saisonniers pour la jeunesse des provinces traversées.

Les éditions précédentes avaient d’ailleurs généré plusieurs centaines d’emplois. Le concept, en soi, est sain.

Des chiffres qui donnent le vertige

C’est l’exécution tarifaire qui pose problème. Les prix pratiqués donnent le vertige : 1 million de FCFA pour un séjour de trois nuits en couple, 472 000 FCFA pour la visite d’un site, 565 000 FCFA pour des prestations annexes.

À ce niveau de prix, le tourisme intérieur devient un produit de grand luxe.

Pour le coût d’un court week-end dans l’arrière-pays gabonais, un citoyen moyen peut s’offrir un billet d’avion et un séjour complet à l’étranger. Le paradoxe est brutal.

Une inclusion qui s’arrête aux discours

C’est précisément là que le bât blesse. L’un des objectifs affichés de la Caravane est de faire de chaque Gabonais un ambassadeur du « Gabon Authentique ».

Mais comment créer un engouement populaire pour le tourisme national avec des barèmes aussi déconnectés du pouvoir d’achat réel de la classe moyenne gabonaise ?

La stratégie actuelle produit exactement l’effet inverse de celui recherché : elle perpétue l’idée que les richesses naturelles du Gabon sont réservées à une élite ou aux touristes étrangers.

La Caravane touristique était censée être le laboratoire d’un tourisme inclusif et territorial. Pour tenir cette promesse, les opérateurs devront aligner leurs tarifs avec la réalité du portefeuille des Gabonais — avant que l’enthousiasme des premières éditions ne s’étiole définitivement.

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La Redaction

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