DIG/ L’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) occupe, depuis sa création, une place centrale dans la régulation de l’offre alimentaire nationale.
Pourtant, au-delà de ses missions répressives ( fermetures d’établissements, saisies de produits, sanctions administratives…), une question s’impose : L’agence dispose-t-elle des outils nécessaires pour anticiper les risques plutôt que de simplement les sanctionner ?
C’est dans ce contexte qu’émerge l’idée d’une cartographie de la sécurité alimentaire.
Un tel outil permettrait de visualiser, zone par zone, l’état réel de la chaîne d’approvisionnement : localisation des établissements contrôlés, nature des infractions relevées, fréquence des interventions, délais de mise en conformité.
Libreville, Port-Gentil, Franceville ou encore les villes secondaires présentent des réalités très différentes en matière d’accès à des produits sains. Une cartographie rendrait ces disparités visibles, mesurables, et donc traitables.
Un outil au service du consommateur
Pour les usagers, l’intérêt serait direct et concret. Savoir quels quartiers concentrent le plus de points de vente défaillants, identifier les marchés où les risques sanitaires sont récurrents, ou encore repérer les zones sous-contrôlées : autant d’informations qui permettraient aux consommateurs de faire des choix éclairés.
Dans une capitale où les marchés informels jouxtent les grandes surfaces, la transparence géographique constituerait un levier réel de protection du consommateur.
Crédibilité institutionnelle et conformité des opérateurs
Au niveau institutionnel, cet outil renforcerait également la crédibilité de l’AGASA. Plutôt qu’une agence perçue uniquement comme un organe de répression, elle deviendrait un acteur de prévention et d’information publique.
Les opérateurs économiques, eux, y trouveraient une incitation à la mise en conformité proactive : être signalé sur une carte de risque représenterait un coût réputationnel supérieur à une simple amende administrative.
Les conditions d’une mise en œuvre crédible
La mise en place d’une telle cartographie suppose néanmoins des conditions minimales : des données d’inspection systématiquement archivées, des outils numériques accessibles, et une volonté politique de rendre publics des résultats qui peuvent mettre en cause des acteurs influents du secteur agroalimentaire.


