DIG / Le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, a ouvert le 19 octobre 2026 à Libreville, un atelier national consacré aux réseaux d’exportation illégale de bois et à la criminalité faunique.
Appuyée techniquement par l’ONUDC et financée par l’Union européenne, la rencontre réunit magistrats, douaniers, officiers de police judiciaire, gendarmes, analystes de l’ANIF, agents des Eaux et Forêts et représentants de l’Autorité CITES.
Le choix est clair : s’attaquer à la chaîne pénale dans son ensemble, de la détection à la condamnation, plutôt qu’au seul contrôle forestier.
Un enjeu économique, climatique et social
Dans un pays couvert à 88 % de forêt, le ministre présente ce pillage comme un triple dommage : perte de biodiversité, affaiblissement de la séquestration du carbone et manque à gagner fiscal pour l’État.
Il y ajoute une conséquence sociale directe : la dégradation des écosystèmes pousserait la faune vers les plantations vivrières, alimentant le conflit homme-éléphant.
Le lien est plausible, mais le communiqué l’affirme sans chiffre sur les volumes exportés illégalement, les pertes fiscales ou l’évolution des ravages.
Des méthodes ciblées, une articulation avec la politique de transformation locale
Le programme vise les méthodes décrites par le ministre : fraude documentaire et circuits logistiques opaques.
Les participants travailleront sur l’analyse des risques à l’exportation, la reconnaissance des essences et la détection de faux documents, avec des visites au port d’Owendo et à la Zone économique spéciale de Nkok pour le contrôle, le cubage et le marquage des grumes.
La traçabilité de chaque mètre cube exporté est ainsi rattachée au Plan national de croissance et de développement et à la logique de transformation locale. Une simulation de procès pénal, adossée aux enquêtes financières de l’ANIF, doit enfin permettre de neutraliser les flux illicites.
Le test viendra de l’application
L’approche est cohérente, car elle associe renseignement financier, douane et justice.
Mais un atelier ne fait pas une politique : le communiqué ne précise ni calendrier, ni indicateurs de suivi, ni nombre de dossiers visés.
L’efficacité se mesurera à des signaux concrets : saisies, poursuites engagées, condamnations prononcées, et capacité à remonter jusqu’aux commanditaires plutôt qu’aux seuls exécutants.



