De la Centrale d’achat au comptoir social : Pourquoi l’État fait fausse route selon Mavoungou Junior Merlin

DIG / Dans une analyse publiée le 3 mai 2026, l’entrepreneur gabonais Mavoungou Junior Merlin pointe du doigt la stratégie gouvernementale de lutte contre la « vie chère ».

Selon lui, en voulant se transformer en commerçant, l’État commet une erreur de diagnostic fondamentale et risque de fragiliser l’économie qu’il prétend protéger.

Un dangereux changement de paradigme

Initialement, la promesse gouvernementale portait sur la création d’une centrale d’achat.

Dans le jargon économique, un tel outil constitue une arme de négociation massive : son but est de regrouper les besoins nationaux pour faire plier les prix face aux fournisseurs internationaux.

En remplaçant ce projet par des « comptoirs sociaux », l’État change radicalement de métier. Il ne négocie plus pour le compte des autres, il vend pour lui-même.

Ce glissement n’est pas qu’une simple question de vocabulaire. C’est un changement de posture qui transforme l’État-stratège en commerçant de quartier, avec toutes les lourdeurs logistiques et les risques de mauvaise gestion que cela implique.

La concurrence déloyale : un poison pour les PME locales

Le danger le plus immédiat de cette politique est l’effet d’éviction. Comment une supérette de quartier, assujettie aux taxes, au loyer et aux charges sociales, peut-elle rivaliser avec un commerce d’État ?, s’interroge t*il.

-Des avantages souverains : L’État peut s’octroyer des exonérations douanières et des subventions inaccessibles au secteur privé.

-La vente à perte : Si le gouvernement décide de vendre en dessous du prix de revient pour des motifs politiques, il condamne inévitablement les commerçants locaux à la faillite.

À court terme, le citoyen se réjouit d’une baisse des prix. Mais à long terme, il subira la fermeture des commerces de proximité, la hausse du chômage et, in fine, l’instauration d’un monopole d’État structurellement inefficace.

La solution : opter pour une centrale de référencement

L’alternative existe et Mavoungou Junior Merlin la nomme : la centrale de référencement.

Au lieu de stocker des marchandises et de tenir des caisses enregistreuses, l’État devrait exploiter sa puissance institutionnelle pour négocier des contrats-cadres avec les géants mondiaux de l’agroalimentaire (Nestlé, Unilever, etc.).

Dans ce modèle, les acteurs privés restent les distributeurs finaux, mais ils s’approvisionnent à moindre coût grâce aux conditions avantageuses négociées par les pouvoirs publics.

Ainsi, la baisse des prix se répercute uniformément sur l’ensemble du territoire, et non pas exclusivement dans quelques points de vente étatiques.

 

 

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La Redaction

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