Dette : Une spirale sans fins et des arriérés qui explosent 

DIG / Le Gabon est-il pris au piège d’une fuite en avant financière ?

Alors que l’État peine à honorer ses factures, ses comptes révèlent un paradoxe saisissant.

D’un côté, les arriérés s’accumulent dangereusement, atteignant 1 198,8 milliards de
FCFA à fin juin 2026.

De l’autre, Libreville lève des fonds massivement sur les marchés internationaux, avec 1,5 milliard de dollars d’Eurobonds émis entre juillet et octobre.

L’argent frais sert-il à investir ou simplement à repousser l’échéance d’une dette qui s’auto-alimente ?

Un pays qui fonctionne à crédit

Le Projet de Loi de Finances (PLF) 2027 ne rassure pas. Critiqué pour son flou par la Cour des Comptes et le Conseil d’État, ce budget confirme que le pays vit à crédit. 

Sur des recettes budgétaires estimées à 3 291,7 milliards de FCFA, la somme faramineuse de 2 689,7 milliards sera engloutie par le seul service de la dette l’année prochaine.

Pas moins de 667,3 milliards consacrés aux paiements des intérêts.

Pour faire face à un déficit de près de 909 milliards de FCFA, l’exécutif prévoit d’ailleurs l’émission d’un énième Eurobond de 1 144,1 milliards de FCFA en 2027.

Basée sur des prévisions de croissance jugées trop optimistes soit 4,5 % contre 2,8 % pour le FMI, cette stratégie d’endettement perpétuel atteint ses limites.

Entre des arriérés qui asphyxient l’économie et de nouveaux emprunts pour rembourser les anciens, le pays semble naviguer à vue, au risque de sacrifier définitivement ses priorités d’investissement public.

 

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La Redaction

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