Entrepreneuriat : Pourquoi la BECEG peine à séduire les jeunes ?

DIG / Lors de son allocution devant le Parlement le 15 juin 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a soulevé une problématique cruciale : malgré le déploiement de mécanismes d’accompagnement ambitieux, à l’instar de la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat Gabonais (BCEG), la jeunesse manifeste un désintéressement flagrant vis-à-vis de la création d’entreprise.

Le parcours du combattant administratif et le facteur temps

Si la volonté politique de mettre à disposition des leviers financiers est indéniable, l’accès effectif à ces opportunités s’apparente encore trop souvent à un parcours du combattant.

Les lourdeurs bureaucratiques, la complexité des dossiers à fournir et des exigences de garanties parfois déconnectées de la réalité des jeunes diplômés découragent les meilleures volontés.

À cela s’ajoute le facteur temps : les délais d’instruction et de décaissement des fonds s’accordent mal avec l’urgence financière quotidienne à laquelle fait face la jeunesse, poussant beaucoup d’entre eux à jeter l’éponge avant l’aboutissement de leur démarche.

Le poids culturel du modèle de la fonction publique

Au Gabon, le logiciel social reste historiquement programmé sur la quête de la sécurité de l’emploi.

Le statut de fonctionnaire ou le salariat dans de grands groupes établis demeurent, dans l’imaginaire collectif et familial, le gage ultime de réussite.

L’entrepreneuriat souffre encore d’un déficit de légitimité : il est parfois perçu comme une solution de secours face au chômage plutôt que comme un choix de carrière de premier plan.

Confrontés au scepticisme de leur entourage et à la peur légitime de l’échec, les jeunes préfèrent logiquement se tourner vers l’attente d’une intégration dans l’administration publique.

Un manque criant de culture « business » et de mentorat

Financer une idée ne suffit pas à en faire une entreprise pérenne. Le système éducatif a longtemps été orienté vers la formation de demandeurs d’emploi et non de créateurs de richesse.

Faute de compétences pratiques en gestion financière, en marketing ou en stratégie commerciale, les jeunes reculent devant l’inconnu.

De surcroît, le manque d’incubateurs de proximité et de réseaux de mentorat laisse les rares audacieux sans repères face à la dure réalité du marché et à la fiscalité locale.

Vers un nécessaire choc de simplification

Ce désintéressement constaté au plus haut sommet de l’État n’est pas une crise de paresse, mais un symptôme de découragement systémique.

Pour que les mécanismes comme la BCEG portent pleinement leurs fruits, le défi de la Ve République ne sera pas uniquement de distribuer des budgets, mais d’alléger drastiquement les procédures, de sécuriser les premiers pas des jeunes patrons et de valoriser culturellement l’audace commerciale.

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La Redaction

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