DIG / Alex Euv Moutsiangou quitte la première présidence de la Cour des comptes quelques jours à peine après avoir annoncé le recouvrement de près de 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes.
Le Conseil supérieur de la magistrature, réuni le 16 septembre à Port-Gentil, ne donne aucune justification à ce remplacement.
Faut-il y voir un hasard de calendrier, ou l’indice que cette offensive sur les 1 700 milliards dérangeait plus qu’elle ne rassurait ?
Pourquoi ce silence sur les motifs ?
Aucune sanction n’est officiellement prononcée, aucun motif n’est avancé. Alex Euv Moutsiangou est même reclassé conseiller au Secrétariat permanent du CSM, ce qui exclut a priori une mise à l’écart punitive.
Mais ce silence institutionnel pose lui-même question : quand un changement de cette nature survient sans explication, dans un timing aussi resserré, l’absence de communication ne nourrit-elle pas davantage le doute qu’elle ne l’éteint ?
Le dossier des 1 700 milliards va-t-il survivre au changement d’homme ?
L’opération de recouvrement devait ouvrir une phase concrète, avec une invitation aux personnes concernées à régulariser leur situation d’ici le 7 octobre 2026 avant l’engagement de procédures.
Ni le calendrier, ni les montants retenus, ni les modalités d’exécution n’ont depuis été précisés.
Ce flou pré-existait-il déjà à l’annonce, ou s’installe-t-il précisément parce que celui qui portait ce dossier vient de changer de fonction ?
Pamphile Moussavou Ibouanga reprendra-t-il le chantier à l’identique, ou ce transfert de pouvoir sert-il, de fait, à en desserrer l’échéance ?
Une question de fond pour les autorités gabonaises
Au-delà des personnes, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu.
Une promesse de recouvrement portant sur trois décennies de débets ne vaut que si elle est suivie d’actes vérifiables.
Les autorités gabonaises laisseront-elles ce dossier s’enliser dans une transition discrète à la tête de la juridiction financière, ou saisiront-elles l’occasion pour démontrer, chiffres et échéances à l’appui, que ce chantier reste une priorité ?



