Exécution budgétaire : Pourquoi l’argent prévu ne sort pas ?

DIG / Lors de l’examen de la Loi de règlement 2025, un constat alarmant a émergé à l’Assemblée nationale.

De nombreux ministères peinent à dépenser les budgets qui leur sont alloués.

La faute, indique t-on, à une lourdeur administrative qui paralyse l’action publique.

Si les grands chantiers de construction affichent une surconsommation budgétaire avec 195,8 % de taux d’exécution, la réalité des autres secteurs vitaux est tout autre.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

• Éducation nationale : Seulement 17,68 % du budget exécuté (45,2 milliards payés sur 255,7 milliards prévus).
• Transports : Un taux d’exécution base caisse de 35,2 % (10,8 milliards réglés sur 30,8 milliards alloués).
• Entretien routier : À peine 12,3 % d’exécution (4,3 milliards décaissés
sur 35,3 milliards).

Les goulots d’étranglement 

Qui bloque l’argent ? Face aux députés, les membres du Gouvernement, à l’instar
de la désormais ex ministre de l’Éducation Camélia Ntoutoume-Leclercq, pointent du doigt les mêmes coupables.

Aux lourdeurs des procédures de passation des marchés publics, il faut ajouter des fortes tensions de trésorerie.

Dans l’administration gabonaise, engager une dépense ne signifie pas la payer.

Au ministère des Transports, par exemple, 60 % des crédits ont été ordonnancés, mais à peine 35 % ont été réellement réglés. 

Aux Travaux Publics, sur le volet de l’entretien routier, ce sont près de 31 milliards de FCFA de factures qui sont restées en attente de paiement (instances de paiement) à la fin de l’exercice.

Réflexion

Conséquence directe de cette lenteur bureaucratique, les projets de terrain stagnent, et l’État accumule les retards de paiement envers les entreprises. 

Une situation qui continue de creuser la dette intérieure du pays, estimée à 4652,7 milliards de FCFA à la fin de l’année 2025.

Pour que le budget se traduise en actes concrets pour les citoyens, l’urgence n’est plus seulement de trouver des financements, mais de réformer d’urgence les mécanismes de décaissement de l’État.

Avoir de l’argent c’est bien, mais savoir l’utiliser, c’est encore mieux. 

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La Redaction

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