DIG / Depuis Makokou, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a prononcé le 29 août 2026 le discours de la 3e édition de la Fête de la Libération.
Trois ans après le 30 août 2023, le Chef de l’État a choisi un registre moins commémoratif que gestionnaire, égrenant chiffres et annonces sectorielles plutôt que formules patriotiques, même si celles-ci n’ont pas manqué.
Santé : une enveloppe conséquente, mais conditionnée
L’annonce la plus chiffrée du discours concerne le secteur hospitalier : 44 milliards de FCFA pour le plateau technique national, 6 milliards pour la réouverture des restaurants dans les structures de santé, et 5 milliards supplémentaires fléchés vers les prestations de la CNAMGS.
Le président a toutefois assorti cet effort budgétaire d’un avertissement adressé aux établissements eux-mêmes, exigeant que chaque franc généré soit « retracé et employé avec rigueur », une formule qui laisse entrevoir des dérives de gestion dans le secteur, sans que celles-ci soient autrement détaillées.
Fonction publique : un audit qui révèle l’ampleur du problème
Plus surprenant, le Chef de l’État a livré un chiffre brut sur l’état de l’administration : près de 62 % des dossiers examinés dans le cadre de l’audit en cours de la Fonction publique seraient en situation irrégulière, avec de nombreux cas d’abandon de poste recensés en seulement deux mois d’examen sur un périmètre limité.
Ce niveau de dysfonctionnement, présenté comme la justification d’une réforme du cadre statutaire des agents publics, donne une mesure inhabituellement précise et préoccupante de la désorganisation administrative héritée des années précédentes.
BCEG : le président cible les mauvais payeurs
Le discours a également comporté une mise en garde inhabituelle envers de jeunes entrepreneurs bénéficiaires des prêts de la Banque pour le Commerce et l’Entreprenariat du Gabon (BCEG), accusés de refuser d’honorer leurs engagements.
Le président a qualifié cette attitude de « passéiste » et annoncé un renforcement des mécanismes de suivi et de sanction.
Un signal qui tranche avec le ton habituellement mobilisateur réservé à la jeunesse entrepreneuriale.
Un ancrage volontairement provincial
Le choix de l’Ogooué-Ivindo comme province hôte a permis au président d’égrener une longue liste d’inaugurations locales : commissariat, mairies, marché, château d’eau, lycées, présentées comme la preuve d’un désenclavement en cours.
Cette insistance sur les infrastructures physiques contraste avec la sobriété relative des annonces institutionnelles, suggérant que la communication présidentielle mise autant sur le concret visible que sur les réformes de fond, dont les effets restent, eux, à vérifier dans la durée.


