Financement du Barrage de Booué : Plus de 1000 milliards de FCFA à mobiliser…

DIG/ L’annonce d’un protocole d’engagement entre les autorités gabonaises, EDF Power Solutions et Gabon Power Company (GPC) pour le barrage hydroélectrique de Booué met en avant un chiffre impressionnant : 1,78 milliard de dollars, soit environ 1 068 milliards de FCFA.

Mais derrière la signature symbolique du 21 juillet 2026 à Paris, la question centrale reste ouverte :  Comment ce montage financier sera-t-il réellement bouclé, dans un pays dont les marges budgétaires sont réduites ?

Un protocole d’engagement, pas un bouclage financier

Le document signé à Paris est un protocole d’engagement mutuel, une étape d’intention qui précède le montage financier proprement dit. Rien à ce stade n’indique la répartition entre financement public, prêts concessionnels et capitaux privés.

L’IFC en amont, signal utile mais non suffisant

L’implication de la Société financière internationale (IFC), officialisée en juin pour accompagner les études techniques et l’optimisation de la structuration financière, est un signal positif envoyé aux marchés : elle atteste d’un début de bancabilité du projet.

Mais ce rôle reste, à ce stade, celui d’un conseiller et facilitateur en amont, non celui d’un prêteur engagé sur l’intégralité du montage. Le passage de cette phase préparatoire à un financement effectivement mobilisé constitue historiquement, sur ce type de projet en Afrique centrale, l’étape la plus longue et la plus incertaine.

Le risque d’un alourdissement de la dette publique

Pour un projet de cette ampleur, la tentation d’un recours accru à l’endettement extérieur est réelle, dans un contexte où la soutenabilité de la dette gabonaise fait déjà l’objet d’une attention soutenue de la part des créanciers et institutions financières internationales.

Le choix du schéma retenu pour Kinguélé Aval, évoqué par le directeur général de GPC, Philippe Jr. Ossoucah, comme modèle à reproduire sera déterminant : reproduira-t-il un équilibre entre financements privés et garanties souveraines, ou fera-t-il peser une charge supplémentaire sur les finances publiques ?

Un test de crédibilité pour les autorités gabonaises

Au-delà de l’annonce, ce dossier constitue un test pour la capacité des autorités gabonaises à sécuriser des financements structurants sans compromettre la trajectoire de désendettement affichée par ailleurs.

La communication autour du barrage de Booué devra, dans les prochains mois, être suivie d’éléments concrets sur le plan de financement, faute de quoi le projet risque de rester, comme d’autres avant lui, un engagement politique sans traduction budgétaire immédiate.

apropos de l auteur

La Redaction

Laisser un commentaire