DIG / Présenté comme un levier pour réduire les importations de poisson et professionnaliser la pêche artisanale, Gab-Pêche est aujourd’hui à la croisée des chemins.
Lancé en 2025, le programme a rapidement buté sur des difficultés logistiques, financières et organisationnelles, avant d’être relancé en 2026.
Un premier bilan qui interroge
Sur les 20 embarcations initialement déployées, seules 10 étaient encore actives en mai 2026.
Des débarquements insuffisants et des problèmes de fonctionnement ont limité l’impact économique du dispositif.
Un constat qui pose une question simple : comment passer à 700 pirogues si la première vingtaine peine déjà à fonctionner durablement ?
Le risque d’un programme centré sur les équipements
Le déploiement de pirogues et de matériel ne suffit pas à créer une filière productive.
Sans chaîne du froid, maintenance, accès au carburant, financement adapté, débouchés commerciaux et organisation des pêcheurs, l’investissement risque de produire des actifs sous-utilisés plutôt qu’une hausse durable de l’offre.
L’enjeu : produire, pas distribuer
La nouvelle phase, lancée notamment à Donguila et Gamba, devra donc corriger ces faiblesses.
Le succès de Gab-Pêche ne se mesurera ni au nombre de pirogues remises ni au nombre de bénéficiaires recensés, mais aux tonnes de poisson débarquées, aux revenus générés et aux importations effectivement remplacées.
Autrement dit, le véritable test commence maintenant : faire de Gab-Pêche une filière économique viable, et non un simple programme de distribution d’équipements.



