« Gabon Infini » : 286 millions de dollars à mobiliser, mais la répartition reste floue

DIG / En marge de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, Maurice Ntossui Allogo, a présenté aux bailleurs internationaux le Projet de Financement pour la Permanence (PFP) « Gabon Infini », centré sur la préservation de la biodiversité à Makokou (Ogooué-Ivindo).

Le communiqué du ministère avance deux chiffres clés : une contribution gouvernementale de 86 millions de dollars, et une enveloppe globale de 200 millions de dollars pilotée par The Nature Conservancy, principal partenaire technique du projet, soit un montage financier théorique de près de 286 millions de dollars au total.

Une addition de bailleurs, sans ventilation précise

Cette enveloppe globale agrège les contributions d’une dizaine d’acteurs philanthropiques et institutionnels : Bezos Earth Fund, Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM/GEF), Juniper Foundation, Margaret A. Cargill Philanthropies, Palladium Foundation, Rob Walton Foundation, Robert W. Wilson Charitable Trust, TNC Scale Up Fund, entre autres.

Or aucun de ces montants individuels n’est communiqué, pas plus que le calendrier de décaissement, une opacité chiffrée qui contraste avec la précision affichée sur les deux totaux mis en avant (86 et 200 millions), et qui interroge sur la part réellement mobilisable à court terme.

Gestion confiée à un fonds fiduciaire, sans chiffrage des retombées locales

La gestion et la redistribution de ces financements reviendront au Fonds de Préservation de la Biodiversité au Gabon (FPBG), fonds fiduciaire indépendant.

Mais côté retombées concrètes pour les communautés riveraines de Makokou : via l’écotourisme, les produits forestiers non ligneux ou l’artisanat, le communiqué ne fournit aucune donnée : ni volume d’emplois visé, ni montant de revenus escompté, ni part du budget global qui leur serait réellement destinée.

Des annonces à confirmer dans la durée

Au-delà des deux chiffres phares (86 et 200 millions de dollars), le dossier « Gabon Infini » reste pour l’instant une addition d’engagements dont la traduction budgétaire effective, la clé de répartition entre bailleurs et le rythme de décaissement restent à documenter dans les prochains mois.

apropos de l auteur

La Redaction

Laisser un commentaire