DIG / Malgré la mise en place en février 2026 d’une nouvelle mercuriale visant à plafonner les prix de près de 100 produits de première nécessité, le quotidien des Gabonais reste marqué par une inflation galopante.
Annoncée en grande pompe pour soulager le panier de la ménagère, la nouvelle liste des prix encadrés ne semble pas encore avoir franchi le seuil des épiceries de quartier.
Les témoignages recueillis dans les marchés de Libreville, notamment à Kembo, sont univoques : les prix continuent de grimper.
-Le carton de cuisses de poulet, autrefois à 9 000 FCFA, se négocie désormais autour de 11 000 FCFA.
-Le sac de riz, l’un des aliments de base, a bondi de 3 200 à 4 000 FCFA.
Le déficit de communication et de contrôle
Pour de nombreux consommateurs, le problème réside d’abord dans l’opacité de la mesure. « Qu’est-ce qui a été réduit ? À quel montant doit-on désormais acheter ? », s’interroge un client dépité.
L’absence d’un affichage clair et d’une campagne d’information massive empêche les citoyens de faire valoir leurs droits face à des commerçants qui, pour certains, affirment attendre des directives plus précises de leurs fournisseurs.
De plus, l’attitude de certains opérateurs économiques, refusant de s’exprimer sur le sujet, renforce le sentiment d’une mesure déconnectée de la réalité logistique et commerciale.
Les limites de l’action publique
Cette situation pointe du doigt les limites opérationnelles de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF).
Si la volonté politique de lutter contre la vie chère est affichée par le régime de transition, le suivi et la sanction des contrevenants semblent encore faire défaut.
Pour que la mercuriale ne reste pas un simple effet d’annonce, les observateurs s’accordent sur la nécessité d’un renforcement des contrôles surprises et d’une meilleure implication des associations de consommateurs.
Dans l’attente d’une réelle baisse, les Gabonais continuent de composer avec un pouvoir d’achat en berne, espérant que les promesses de « restauration » s’invitent enfin dans leurs assiettes.



