Gabon : Le trafic de médicaments prospère sur les failles du système de santé

DIG / Le Gabon figure parmi les six pays d’Afrique centrale concernés par un trafic de produits médicaux ayant conduit à la saisie d’au moins 251 tonnes entre 2020 et 2025, selon un rapport conjoint de l’ONUDC, de l’OMS et de la CEMAC.

Fin septembre 2026, les douanes gabonaises ont encore intercepté 17 000 comprimés de tramadol, illustrant la persistance des flux clandestins.

Des saisies, mais un marché toujours alimenté

Le problème ne se limite pas aux frontières.

Médicaments contrefaits, produits de qualité inférieure ou détournés des circuits réglementés circulent aussi parce que les traitements sûrs restent parfois difficiles d’accès ou trop coûteux.

La répression frappe les cargaisons, mais elle ne supprime pas les conditions qui alimentent la demande.

La responsabilité de l’État en question

Pour le Gabon, l’enjeu dépasse les opérations douanières.

Il concerne le contrôle des circuits de distribution, la traçabilité des médicaments et leur disponibilité à des prix accessibles.

Sans données publiques régulières sur les saisies, les réseaux démantelés et les contrôles du marché pharmaceutique, difficile de mesurer les résultats de la lutte engagée.

Le paradoxe est préoccupant : lorsque les populations se tournent vers des circuits clandestins pour se soigner, le trafic devient aussi le révélateur des insuffisances de l’offre sanitaire.

Sécuriser les frontières est nécessaire ; garantir l’accès aux médicaments fiables l’est tout autant.

apropos de l auteur

La Redaction

Laisser un commentaire