Gabon : Les affaires privées de l’ancien patron du Silam au cœur d’une enquête

DIG / Après treize années à la tête du Silam, le service d’écoute et d’interception de la présidence gabonaise, l’ancien agent de la DGSE Jean-Charles Solon est désormais au centre d’une enquête portant sur ses activités privées et leurs liens présumés avec le renseignement gabonais.

Parti du Gabon en juin 2026, quelques mois après son remplacement, l’ex-responsable est notamment soupçonné d’avoir développé un réseau d’entreprises intervenant dans l’environnement économique du Silam, a révélé un article d’Africa Intelligence publié ce 09 septembre 2025.

Des sociétés au cœur des interrogations

L’enquête publiée le 9 septembre 2026 fait état de plusieurs structures implantées au Gabon et à l’étranger, notamment en France, en Suisse, au Maroc et aux Émirats arabes unis.

Selon les éléments rapportés, certaines de ces sociétés auraient servi d’intermédiaires ou de prestataires pour le Silam, notamment dans la fourniture de matériels de sécurité et de services spécialisés.

Des structures comme ST’Air Technologie, Hyterions ou Elyst Consulting sont citées dans ce dispositif présumé.

L’enquête évoque également des sociétés dont les dénominations — notamment Milas ou Malis — auraient entretenu une proximité de forme avec le nom du service de renseignement, alimentant la confusion sur leur statut réel.

 Des connexions privées jusqu’à Dubaï

Le dossier fait également état de relations d’affaires présumées avec Noureddin et Jalil Bongo, ainsi que de structures basées à Dubaï, parmi lesquelles Argustore et Liwa Nolos Trading.

Ces dernières auraient notamment été utilisées dans des opérations liées à des investissements immobiliers ou agricoles au Gabon et au Maroc.

L’enquête rapporte, par ailleurs, des tensions avec certains partenaires américains, qui auraient reçu des facturations provenant de sociétés privées dans le cadre de propositions de coopération.

Des questions qui dépassent le seul cas Solon

Au-delà du parcours de l’ancien patron du Silam, ces révélations posent une question plus sensible : où s’arrête le service de renseignement et où commencent les intérêts privés de ceux qui le dirigent ou gravitent autour de lui ?

Si les faits rapportés étaient confirmés, ils soulèveraient des interrogations majeures sur la gouvernance des équipements de renseignement, les procédures d’achat, les conflits d’intérêts et la protection des intérêts de l’État.

Sollicitées, la présidence gabonaise et les personnes mises en cause n’ont, à ce stade, pas apporté de réponse publique.

Le dossier reste donc à documenter et les accusations à établir.

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La Redaction

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