DIG / Avec un crédit au secteur privé limité à 13 % du PIB entre 2015 et 2024, contre 34,6 % en moyenne en Afrique, le Gabon souffre d’une faible profondeur financière.
Une épargne qui finance peu l’économie
Le constat de la Banque africaine de développement (BAD) est sans ambiguïté : le système financier gabonais peine à transformer l’épargne en financement productif.
Alors que les PME représentent plus de 95 % du tissu économique, l’accès au crédit reste limité, coûteux et fortement concentré.
Trois banques concentrent ainsi 85 % des crédits et 71 % des dépôts.
À cela s’ajoute un taux effectif global de 24,81 % en 2025, le plus élevé de la CEMAC, qui renchérit davantage le coût du financement pour les entreprises.
Le paradoxe du financement long
Le problème est également celui de la durée. En 2025, les crédits à long terme ne représentent que 1,02 % des créances bancaires, contre 52,56 % pour le moyen terme et 46,42 % pour le court terme.
Autrement dit, le système financier gabonais prête davantage pour fonctionner que pour investir.
Avec une épargne nationale estimée à 56,25 % du PIB, le paradoxe est d’autant plus marqué : les ressources existent, mais elles sont insuffisamment transformées en capital de long terme.
Le défi : financer la transformation
La BAD recommande notamment de renforcer les mécanismes de garantie et les dispositifs de financement des PME, de moderniser le crédit-bail et de développer la finance numérique et inclusive.
Le véritable enjeu est désormais de passer d’une économie où l’épargne est principalement conservée ou placée à une économie où elle finance davantage l’investissement, la production et les entreprises gabonaises.
Sans profondeur financière, la diversification économique restera difficile à financer.



