DIG / De l’inspection des chantiers aux délais imposés aux entreprises, le président Brice Clotaire Oligui Nguema fait de la pression publique un outil de pilotage des infrastructures.
Une méthode qui répond à un problème concret : des projets financés mais dont l’exécution reste trop lente.
Le financement ne suffit plus
Lors de sa récente visite sur un chantier d’échangeur routier, le chef de l’État a fixé au 3 mars 2027 une nouvelle échéance pour l’avancement des travaux, en rappelant que les financements avaient été décaissés par le Trésor.
Le raisonnement est simple : lorsqu’un marché est financé et attribué, le principal indicateur attendu devient l’avancement physique des travaux.
Les retards prolongés finissent alors par immobiliser des ressources publiques sans produire l’infrastructure attendue.
Une gouvernance par la pression
Cette méthode n’est pas isolée. Les visites présidentielles sur les chantiers et les rappels à l’ordre adressés publiquement aux entreprises traduisent une volonté de responsabiliser davantage les prestataires de l’État.
La même logique apparaît dans le dossier des multinationales disposant de terrains attribués par l’État : l’exécutif cherche désormais à conditionner les avantages accordés à des réalisations concrètes et vérifiables.
Le vrai test sera la livraison
La pression politique peut accélérer une mobilisation, mais elle ne règle pas à elle seule les problèmes de matériaux, de logistique, d’études techniques, de trésorerie ou de coordination administrative.
Le véritable indicateur de cette nouvelle méthode de gouvernance ne sera donc pas le nombre d’ultimatums prononcés, mais le nombre de chantiers effectivement livrés dans les délais annoncés.
Pour l’État, l’enjeu est désormais de passer de l’annonce du délai à une culture du résultat, avec des calendriers, des taux d’avancement et des responsabilités clairement mesurables.



