DIG / Et si les embouteillages de Libreville trouvaient une partie de leur réponse dans les airs ?
C’est le pari d’OGÓLI, porté par l’entreprise gabonaise Ingénierie du Rail et la société de projet OGÓLI, qui prévoit une liaison de 6,5 km entre Nzeng-Ayong et la Cité Émeraude, avec six stations et un trajet annoncé en 14 minutes.
Un tracé qui répond à un vrai problème
Le corridor est stratégique. Nzeng-Ayong compte parmi les zones les plus peuplées et congestionnées de la capitale, tandis que la Cité Émeraude doit devenir un important pôle administratif.
Une liaison aérienne pourrait donc réduire les temps de déplacement sans ajouter de véhicules sur des axes déjà saturés.
Des villes comme Medellín et La Paz ont démontré que les télécabines peuvent constituer un véritable mode de transport urbain lorsqu’elles sont intégrées à un réseau collectif.
Le coût sera déterminant
L’intérêt du projet devra toutefois être confronté à son équation économique.
Combien coûtera sa construction ? Quel sera le prix du ticket ? Quelle capacité horaire permettra de rentabiliser l’investissement ? Quel modèle de financement et d’exploitation sera retenu ?
La maintenance et la fiabilité des installations dans le climat tropical gabonais constituent également des paramètres essentiels.
Ne pas oublier le dernier kilomètre
OGÓLI ne pourra être efficace que s’il est connecté aux taxis, minibus et autres futurs moyens de transport collectif.
Six stations ne suffiront pas si les usagers peinent ensuite à rejoindre leur domicile ou leur lieu de travail.
Le projet est donc séduisant, mais son véritable test ne sera pas la technologie. Ce sera son accessibilité, sa fiabilité et son coût pour les usagers.
OGÓLI peut devenir une solution innovante aux problèmes de mobilité de Libreville ; sans un modèle économique solide et une intégration au réseau existant, il risque toutefois de rester davantage une vitrine de modernité qu’un véritable transport de masse.



