Importations de poulet de chair : La facture annuelle du Gabon grimpe à…85 milliards de FCFA

DIG / Derrière la polémique commerciale ouverte par la saisine américaine à l’OMC, un chiffre structure désormais tout le débat sur l’interdiction du poulet de chair prévue pour 2027 : plus de 100 000 tonnes importées chaque année, pour une facture avoisinant 85 milliards de FCFA. Soit 20 milliards de FCFA de plus en l’espace de 3 ans ( 65 milliards de FCFA)/

Interrogé parle quotidien  L’Union, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, Pacôme Kossy, a fait de ce montant le cœur de son argumentaire, transformant un différend commercial en question de politique économique nationale.

Une facture qui pèse sur la balance commerciale

Le ministre situe d’abord ce volume dans son contexte global d’approvisionnement.

« Le Gabon importe aujourd’hui plus de 100 000 tonnes de poulet de chair par an, pour une facture annuelle proche de 85 milliards de FCFA. »

Ce montant, à lui seul, illustre l’ampleur d’une dépendance alimentaire qui dépasse largement le seul cas américain : les États-Unis ne représentent qu’une fraction de cette facture globale, aux côtés du Brésil, du Royaume-Uni et des Pays-Bas, également cités comme fournisseurs majeurs.

C’est cette masse financière sortant chaque année du pays qui sert de point de départ à la justification gouvernementale.

Réinjecter la dépense dans l’économie nationale

Plutôt que de se contenter de dénoncer le poids de cette facture, le ministre en fait le socle d’un projet de réorientation économique.

« Notre ambition est qu’une part croissante de ces 85 milliards de FCFA serve demain à produire au Gabon, à rémunérer des producteurs gabonais et à créer des emplois au Gabon. »

L’argument est directement quantitatif : chaque tonne de poulet aujourd’hui importée représente, en creux, une production locale non réalisée, un emploi non créé, une valeur ajoutée captée ailleurs.

La bataille se joue donc autant sur le terrain diplomatique que sur celui de la relocalisation d’une filière entière.

Un volume qui interroge la capacité de production locale

Ce chiffre de 100 000 tonnes pose cependant une question que l’interview ne tranche pas explicitement : celle de la capacité de la filière avicole gabonaise à absorber, à terme, un tel volume de production sans recourir à l’importation.

Le ministre insiste sur la dimension qualitative de cette transition plutôt que sur le calendrier de montée en puissance de la production nationale, un point que les autorités gabonaises devront documenter plus précisément à mesure que l’échéance de 2027 se rapproche et que la procédure engagée à l’OMC exigera des éléments concrets de faisabilité.

 

 

 

 

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La Redaction

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