DIG / Le maire de Libreville, Eugène M’ba, a lancé le 28 septembre 2026 dans le quartier Louis (1er arrondissement) une campagne de sensibilisation contre l’insalubrité et l’incivisme.
Accompagné de ses adjoints, il est allé à la rencontre des commerçants pour rappeler l’entretien des devantures et les règles de gestion des déchets.
Cette phase pédagogique précède le déploiement des Brigades de lutte contre l’insalubrité et l’incivisme, chargées de constater les infractions et d’appliquer les sanctions prévues par les textes. Reste à savoir si ces textes seront appliqués.
Le précédent d’une brigade restée sans lendemain
Le général Jude Ibrahim Rapontchombo, alors délégué spécial en charge de la gestion de Libreville, avait lancé le 20 février 2025, dans le 6e arrondissement, la première vague d’agents de la brigade municipale, sur la base d’un arrêté daté du 28 septembre 2022.
Le dispositif a été complété le 8 mars 2025 par un numéro vert destiné à signaler les actes d’incivisme.
Le soufflé est vite retombé : après le départ de l’ancien délégué spécial de la mairie, la brigade est devenue quasi invisible sur le terrain.
En cause, l’absence de contrôle et de sanctions, qui a laissé un vide et permis aux habitants de continuer à jeter leurs déchets dans la rue.
Un an après son lancement, le numéro vert n’avait lui non plus produit aucun résultat tangible. Un dispositif porté par un homme, sans ancrage institutionnel, n’a pas survécu à son départ.
Sanctionner : l’épreuve de vérité
Sensibiliser coûte peu ; verbaliser, encaisser les amendes et tenir face aux protestations demande une volonté constante.
Les commerçants, premiers visés, attendront de voir si la règle vaut pour tous, des boutiques de quartier aux grandes enseignes, et si les agents seront protégés lorsqu’ils feront leur travail.
La mairie devra aussi préciser si la brigade disposera d’un budget propre, de matériel et d’une chaîne de recouvrement claire. Sans cela, la sanction restera une menace théorique.
La durée, seul juge de paix
Le 15 septembre 2026, le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a fixé aux maires du Grand Libreville une échéance de trois mois, soit janvier 2027, pour obtenir des résultats visibles, en insistant sur le déploiement des brigades et l’application effective des sanctions.
L’ultimatum met la pression, mais l’incivisme ne recule durablement que si l’administration tient sa part : collecte régulière des ordures, bacs en nombre suffisant, curage des caniveaux.
Le maire l’a dit lui-même, une ville propre est « l’affaire de tous ». La nouvelle brigade sera jugée non au lancement, mais dans six mois, quand l’effet d’annonce se sera dissipé.



