DIG / Trois mois après l’interdiction retentissante de la vente de jus artisanaux, de glaces et de lait caillé au Gabon, le constat sur le terrain est sans appel: rien n’a changé.
Dans les marchés et aux carrefours, les cuvettes de bissap circulent comme avant, et la fameuse liste des commerçants « autorisés » reste introuvable.
Origine
Cet échec s’explique par le décalage total entre les exigences institutionnelles et la réalité de l’économie informelle.
Le cahier des charges strict imposé aux femmes qui produisent dans leurs cuisines semble impossible à remplir.
Aménagements de locaux dédiés, analyses en laboratoire coûteuses, élaboration de protocoles de production détaillant les ingrédients utilisés entre autres, le processus de mise en conformité semble irréalisable pour des femmes qui produisent pour subsister…
Retour à la réalité
Face à l’urgence de payer le loyer et de nourrir leurs enfants, et sans aucune aide pour s’équiper aux normes, les vendeuses n’ont eu d’autre choix que d’ignorer la mesure.
Ce fiasco illustre une réalité têtue : Les décrets sanitaires ne font pas le poids face à la nécessité économique.
Sans politique d’accompagnement et de formation du secteur informel, la répression finit toujours par capituler devant l’instinct de survie.



