DIG / Le Gabon figure parmi les 16 nouveaux marchés africains ciblés par Starlink d’ici fin 2026, dans le cadre de l’accélération du déploiement de l’internet par satellite de la filiale de SpaceX.
Le service est désormais disponible dans 29 pays africains, après son lancement récent en Guinée équatoriale — voisin immédiat du Gabon.
Une solution crédible pour les zones enclavées
Pour un pays où 88 % du territoire est couvert de forêt équatoriale et où le déploiement de la fibre ou des réseaux mobiles reste coûteux dans les zones rurales et forestières, Starlink représente une alternative sérieuse.
Le satellite pourrait contribuer à réduire la fracture numérique et améliorer l’accès aux services numériques pour les populations et les entreprises éloignées des grands centres urbains — là où les opérateurs terrestres ne se déploieront probablement pas avant des années.
Un calendrier flou et un précédent réglementaire
La prudence s’impose néanmoins. Starlink annonce le Gabon parmi ses marchés cibles « à partir de 2026 » — sans date précise. Le service était déjà annoncé pour 2025 sans que le lancement ne se soit finalement concrétisé.
Surtout, en octobre 2025, l’ARCEP Gabon avait rappelé publiquement que Starlink ne disposait d’aucune autorisation pour opérer sur le territoire national et avait mis en garde contre la commercialisation et l’utilisation non autorisées de ses équipements. Cette position réglementaire n’a pas, à ce jour, évolué officiellement.
L’enjeu : régulation et souveraineté numérique
Pour le Gabon, l’enjeu dépasse la simple arrivée d’un nouvel opérateur. Il s’agit de trouver un équilibre entre l’ouverture à une technologie capable d’accélérer la couverture numérique nationale, la régulation du secteur par l’ARCEP et la protection des intérêts stratégiques — notamment vis-à-vis des opérateurs terrestres locaux déjà agréés.
Un accord réglementaire avec Starlink serait une avancée réelle. Son absence transformerait cette annonce en nouveau rendez-vous manqué.



