DIG / En marge des célébrations des 66 ans de l’indépendance du Gabon, le vice-Premier ministre ivoirien Téné Birahima Ouattara a rencontré la communauté ivoirienne établie à Libreville.
Devant la diaspora, il a vanté la stabilité sécuritaire de la Côte d’Ivoire, affirmant que son indice de sécurité se compare désormais à celui de la Suisse — un message qui dépasse largement le cadre du rassemblement communautaire. C’est un signal économique adressé directement au marché gabonais.
115 000 milliards de FCFA d’investissements à placer
Le Vice-Premier ministre a rappelé les ambitions économiques de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2030, avec près de 115 000 milliards de FCFA d’investissements socio-économiques projetés.
Pour financer et déployer une telle ambition, Abidjan a besoin de marchés extérieurs — et le Gabon en constitue une cible naturelle.
Un pays engagé dans une stratégie de diversification post-pétrole, confronté à la modernisation urgente de ses infrastructures et à la résolution de ses déficits en eau, électricité, logement et sécurité alimentaire : autant de chantiers où les entreprises ivoiriennes — dans l’agro-industrie, le BTP, les télécoms et les services financiers — disposent d’une expertise reconnue et d’une proximité géographique et culturelle avantageuse.
Ce que le Gabon peut en tirer — et ce qu’il doit exiger
Pour Libreville, cette dynamique est une opportunité réelle, à condition d’en fixer les termes.
Les partenariats avec des opérateurs ivoiriens peuvent accélérer la montée en puissance de secteurs aujourd’hui fragiles — transformation agroalimentaire, distribution, services numériques — et contribuer à réduire la dépendance aux importations extra-africaines coûteuses en devises.
Mais le Gabon doit éviter de reproduire le schéma classique : un pays en développement qui ouvre son marché à un partenaire plus structuré et se retrouve en position de simple consommateur de services étrangers.
Les conditions du partenariat — contenu local, emploi des Gabonais, transfert de compétences — devront être au cœur des négociations, et non dans leurs marges.



