DIG / Le Gabon a, une nouvelle fois, officialisé sa vocation de hub logistique régional.
La signature le 24 avril 2026 d’une convention entre l’État gabonais et Africa Global Logistics autour du projet KOBE-KOBE relance une ambition que le pays cultive depuis des décennies, sans jamais vraiment la concrétiser.
La question mérite d’être posée franchement : Qu’est-ce qui va changer cette fois-ci ?
Sous Omar Bongo Ondimba, le port d’Owendo était déjà présenté comme un levier stratégique pour faire du Gabon la porte d’entrée de l’Afrique centrale. Sous Ali Bongo, le Plan Stratégique Gabon Émergent a repris le même registre, avec les mêmes promesses de modernisation portuaire, de fluidification des échanges et de compétitivité régionale.
Les discours se ressemblent. Les résultats, eux, ont tardé.
Le contexte a pourtant changé. La Ve République dirigée par Brice Clotaire Oligui Nguema affiche une rupture assumée avec le régime précédent.
Promesses vaines ?
Mais sur le fond, le projet KOBE-KOBE reproduit une architecture familière : un opérateur étranger de premier plan, une convention signée en grande pompe, et des bénéfices annoncés pour les PME locales et les populations. Le schéma n’est pas inédit.
Ce qui manque dans ce communiqué, c’est précisément ce qui permettrait d’y croire : des indicateurs chiffrés, un calendrier contraignant, des mécanismes d’évaluation indépendants.
Sans ces éléments, l’accord reste une déclaration d’intention parmi d’autres, aussi solennelle que les précédentes.
Africa Global Logistics dispose d’une expertise réelle en gestion d’infrastructures portuaires sur le continent.
Mais l’expertise du partenaire ne suffit pas à garantir la transformation d’une économie. Le Gabon a besoin d’une vision, certes, il en a déjà eu plusieurs. Il a surtout besoin d’une exécution.


