DIG / Le 8 juin 2026 marque un tournant dans les infrastructures gabonaises.
Avec le lancement officiel des travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe, dans la zone de Nyonié, le Gabon entre dans la phase concrète d’un projet longuement préparé, articulé autour d’un corridor logistique intégré reliant le gisement de fer de Belinga au futur site d’embarquement.
L’ambition est réelle. Mais elle pose une question restée sans réponse : que devient le port de Mayumba ?
Mayumba : concurrent ou sacrifié ?
Le port de Mayumba figure depuis des années dans les schémas de développement maritime gabonais. Conçu lui aussi comme un port en eau profonde, il répondait à une logique distincte, orientée vers les hydrocarbures et le désenclavement de la Nyanga.
Avec la montée en puissance de Kobe-Kobe, adossé à des conventions déjà formalisées et des financements en cours de mobilisation, la question de la hiérarchie entre les deux projets devient incontournable.
Les ressources publiques étant limitées et les investisseurs privés attentifs aux doublons, Mayumba risque-t-il d’être durablement mis en veille ?
Des retombées prometteuses, des arbitrages nécessaires
Les autorités gabonaises annoncent pour Kobe-Kobe des emplois directs et indirects à grande échelle, un développement des compétences locales dans la logistique et l’ingénierie, ainsi qu’un effet d’entraînement pour les entreprises nationales via la sous-traitance.
Ces perspectives sont crédibles pour un projet de cette envergure. Elles ne doivent cependant pas occulter la nécessité d’arbitrages clairs sur la carte portuaire nationale.
Peut-on soutenir deux projets de ports en eau profonde en parallèle sans diluer les efforts et fragiliser la cohérence de la stratégie d’ensemble ?
La crédibilité par la clarté
Le lancement de Kobe-Kobe traduit une volonté de transformation structurelle, en liant développement minier, diversification logistique et attractivité pour les investisseurs.
Mais il appelle les autorités à clarifier publiquement la trajectoire du port de Mayumba. Un stand-by assumé vaut mieux qu’un flou stratégique.
À l’heure où le Gabon cherche à consolider sa crédibilité auprès des partenaires financiers internationaux, la cohérence de sa politique d’infrastructures est elle-même un actif ou un passif.



