LFR 2026 / Haute Autorité de la Communication : La masse salariale augmente de…700 millions de FCFA en 2026

DIG/ Pendant que la plupart des institutions de la République resserrent leurs effectifs, la Haute Autorité de la Communication (HAC) dirigée par Germain Ngoyo Moussavou (Photo) prend le chemin inverse et de façon spectaculaire.

Ses effectifs ont bondi de 39 à 79 agents entre 2025 et 2026, soit une progression de 102,6 %, la plus forte hausse relative de tout le tableau budgétaire, toutes institutions confondues.

Sa masse salariale suit logiquement le mouvement, passant de 860 millions en 2025 à près de 1,6 milliard de FCFA dans la Loi de finance rectificative 2026 , en hausse de 737 millions de FCFA (+85,7 %).

Une croissance par le volume, pas par le taux

L’analyse du salaire moyen révèle cependant une mécanique bien différente de celle observée à la Présidence de la République. À la HAC, le coût salarial moyen par agent recule même légèrement, de 22 à 20,2 millions de FCFA par an.

La hausse de la masse salariale ne provient donc pas d’une revalorisation des rémunérations individuelles, mais uniquement de l’élargissement du nombre de postes.

Une institution qui grossit, mais qui ne paie pas mieux chacun de ses agents, une nuance qui change tout dans la lecture de cette progression.

Une régulation qui se renforce en silence

Ce doublement d’effectifs intervient dans un contexte particulier : celui d’un espace médiatique et numérique gabonais de plus en plus scruté, entre régulation des contenus en ligne, encadrement de la presse et surveillance accrue de la sphère numérique.

Le tableau budgétaire ne précise pas la nature des postes créés : juristes, techniciens, agents de contrôle numérique… ? 

Mais l’ampleur du renforcement suggère une montée en puissance délibérée des capacités de régulation de l’institution, plutôt qu’un simple ajustement technique.

Une exception qui mérite d’être expliquée

La HAC rejoint ainsi la Présidence de la République dans le club restreint des institutions dont les moyens progressent fortement en 2026, à contre-courant de la trajectoire de rigueur affichée par l’Assemblée nationale, le Sénat ou la Cour constitutionnelle.

Mais contrairement à la Présidence, où la hausse s’explique par une flambée des rémunérations individuelles, celle de la HAC tient à un choix assumé d’expansion des effectifs.

Reste à savoir si ce renforcement traduit une réponse à des besoins opérationnels réels, ou s’il s’inscrit dans une volonté plus large d’étoffer les moyens de contrôle de l’État sur l’espace médiatique, une question que seules les autorités gabonaises sont en mesure de trancher.

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La Redaction

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