DIG / En marge du Sommet Africa Forward tenu le 11 mai 2026 à nairobi au Kenya, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a conclu avec Christel Bories, PDG du groupe Eramet, un accord qualifié d’historique.
Au cœur du dispositif : l’entrée de l’État gabonais au capital du géant minier français, après plus de trois décennies d’exploitation intensive du manganèse national.
Le fait est structurellement significatif.
Depuis que Comilog extrait le manganèse du gisement de Moanda, l’un des plus riches au monde, le Gabon recevait des redevances, des impôts, des emplois, mais demeurait absent des instances où se décident les orientations stratégiques et les arbitrages d’investissement du groupe.
Cet accord rompt, du moins formellement, avec cette asymétrie historique.
Zones d’ombre
Les contours précis de cette prise de participation restent pourtant à éclaircir. Le communiqué de la présidence ne précise ni le pourcentage de capital acquis, ni le mécanisme de financement retenu, ni les droits de vote attachés à cette entrée.
La différence entre une participation symbolique et une présence réellement influente au conseil d’administration est considérable et conditionne la portée concrète de ce que Libreville appelle une « évolution structurelle ».
Annexe de l’accord
L’accord intègre par ailleurs des engagements sur la transformation locale du manganèse, désormais érigée en exigence opérationnelle, ainsi que sur la modernisation du Transgabonais, infrastructure névralgique de la chaîne de valeur minière gabonaise, gérée par Setrag, filiale d’Eramet.
Ce tournant s’inscrit dans le repositionnement souverain conduit par le président Oligui Nguema depuis son élection, du secteur pétrolier à la filière forestière.
Reste à mesurer, au-delà de la portée symbolique, le poids réel que pèsera désormais l’État gabonais dans les décisions du groupe et sa capacité à transformer cette entrée au capital en levier industriel durable.



