Marché mondial de l’Iboga : Le Gabon veut « la part du lion »

DIG / Longtemps cantonnée à son usage traditionnel et spirituel, l’iboga (Tabernanthe iboga) est désormais perçue par le Gabon comme une ressource économique majeure.

Alors que le marché mondial de l’ibogaïne génère déjà d’importants profits à l’international, la création d’un cadre juridique et d’un Fonds souverain dédié vise à transformer ce patrimoine en un levier financier concret pour le pays.

La captation d’un marché mondial lucratif

Actuellement, le commerce de l’iboga et de ses dérivés rapporte des milliards de francs à travers le monde, mais le Gabon, berceau de cette ressource, n’en bénéficie quasiment pas.

Les patients et cliniques du monde entier, disposant souvent de moyens financiers importants, alimentent un marché international de niche très rentable.

En reprenant le contrôle de cette filière, le Gabon compte rapatrier cette manne financière et passer du statut de simple « gardien passif » à celui d’acteur principal de sa valorisation économique.

La création de valeur par la transformation locale

Jusqu’ici, l’iboga a souvent été exporté frauduleusement sous sa forme brute, limitant les gains pour l’économie nationale. Les nouvelles mesures visent à :

-Encadrer la transformation industrielle locale : Extraire l’ibogaïne ou transformer l’écorce en poudre sur le territoire gabonais permet de multiplier la valeur marchande du produit avant son exportation.

-Contrôler l’exportation des dérivés : La vente légale et encadrée de produits finis ou semi-finis à forte demande internationale garantit à l’État de percevoir des taxes douanières et des revenus d’exportation substantiels.

La lutte contre l’hémorragie du trafic illicite

La demande internationale croissante a favorisé le développement d’un réseau de trafic illicite, où des vendeurs en ligne commercialisent l’iboga gabonais depuis l’étranger sans aucune retombée pour Libreville.

L’organisation de la filière par l’État vise à couper l’herbe sous le pied de la contrebande, transformant un manque à gagner fiscal en revenus officiels et récurrents.

 Un pilier pour la croissance hors-pétrole

Déclarée « réserve stratégique » dès l’an 2000, l’iboga s’intègre parfaitement dans les objectifs du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) 2026-2030, qui table sur une croissance hors-pétrole ambitieuse de 7,4 %.

Le développement de cette nouvelle industrie pharmaceutique et scientifique nationale promet de générer des emplois directs et de diversifier durablement l’économie gabonaise.

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La Redaction

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