DIG / Le Collectif DiaspAura a vigoureusement réagi, le 2 février 2026, à la mise aux enchères d’un masque Ngil, objet sacré du peuple Fang du Gabon.
Vendu pour environ 16,4 millions de FCFA (25 000 euros), cet artefact est au cœur d’une vive polémique sur la marchandisation du patrimoine rituel africain.
L’objet a été adjugé le 9 juin 2025 au château de Villandry, en France, par la maison de vente Rouillac.
Si le montant de 16 398 925 FCFA peut paraître élevé pour un objet d’art, il représente, pour le Collectif DiaspAura, le prix d’une « profanation ».
Le collectif conteste le récit entourant l’objet, notamment l’affirmation selon laquelle il aurait été trouvé dans une décharge, une version jugée non étayée et offensante.
La dénonciation d’une « stratégie coloniale »
Dans son communiqué, DiaspAura fustige les propos du commissaire-priseur tenus lors d’une émission télévisée.
Affirmer que la confrérie du Ngil a été « dissoute » ou que ces cultes ont « disparu » est perçu comme une manœuvre visant à « effacer le vivant pour légitimer le pillage ». Le collectif rappelle avec force que :
-Le sacré n’est pas mort : Ces rites sont toujours transmis et reconnus par les dépositaires légitimes au Gabon.
-Identité vs Décoration : Un masque Ngil n’est pas un accessoire de mode ou un objet de décoration, mais un bien culturel collectif et sacré.
Exigence de justice et de restitution
Le collectif pointe du doigt un « deux poids deux mesures » flagrant dans le traitement des objets rituels africains par rapport aux reliques occidentales. Face à ce qu’il qualifie de « dérive marchande », DiaspAura demande :
-L’arrêt immédiat de la banalisation médiatique des objets sacrés.
-L’ouverture d’un dialogue pour la restitution de l’objet aux autorités coutumières gabonaises.
-Des poursuites judiciaires potentielles contre les acteurs impliqués dans cette diffusion et cette vente.
« La restitution n’est pas une faveur mais une exigence de justice culturelle », conclut le communiqué.
Le collectif reste mobilisé pour que le patrimoine vivant du Gabon ne soit plus traité comme une simple marchandise.


