DIG / Le ministre en charge des Transports, Ulrich Mamfoumbi Mamfoumbi, a effectué, le weed-end écoulé, une visite des chantiers en cours à Mayumba dans la province de la Nyanga.
Dans une vidéo devenue virale, le membre du gouvernement a vertement reproché aux autorités locales de mal vendre certaines réalisations majeures du Président de la République.
A savoir, dans le cas d’espèce, 12 villas en construction et un plateau sportif dit de dernière génération.
« Je ne veux plus entendre que les gens disent à Mayumba que le Président ne fait rien ! C’est pas possible ! Nous sommes déjà à 4 chantiers visités dont 1 d’envergure livré (…) Ne laissez pas les populations dire n’importe quoi ! (…). Il faut communiquer, c’est ca votre travail !», s’est il emporté.
Il n’en fallait pas plus que la toile s’enflamme face à la réaction jugée disproportionnée du ministre Manfoumbi Manfoumbi.
Réaction des internautes
Car souligne un internaute, Mayumba, ville portuaire de la Nyanga coincée entre l’Atlantique et la forêt équatoriale, « n’est pas une ville que l’on réduit à douze villas et un plateau sportif ».
« Les habitants y attendent depuis des années des réponses structurelles : des routes praticables, une connexion fiable avec Libreville, un port fonctionnel à la hauteur des ambitions pétrolières de la région, des infrastructures de santé dignes de ce nom », peste t-il.
« Un ministère qui se déplace pour inaugurer 12 villas ainsi qu’une plateforme sportive de dernière génération en plein air, on appelle cela du populisme, surtout lorsqu’il existe des priorités bien bien plus importante », s’est offusqué un autre.
Au regard de ces défis, la sortie du ministre sonne davantage, souligne t-il, comme un exercice de gestion de l’image que comme une réponse aux urgences du terrain.
Indignation
Pour un homme politique de la province proche de l’opposition, cette injonction adressée aux cadres locaux transforme une visite de chantier en opération de propagande encadrée.
« On attend d’un ministre des Transports qu’il s’interroge sur les délais, les coûts, les retards de livraison. On l’entend plutôt s’alarmer du déficit de communication, comme si le problème de Mayumba était d’abord un problème de récit mal maîtrisé », indique t-il.
Réflexion
Cette sortie publique était-elle nécessaire sous cette forme ? Rien n’est moins sûr.
En voulant démontrer que « la ville est en train de se transformer », Ulrich Mamfoumbi Mamfoumbi a surtout révélé une certaine conception du service public : celle où la communication prime sur le compte-rendu, et où l’on visite un chantier moins pour en évaluer l’avancement que pour en tirer un bénéfice politique.



